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José, un ami qui nous veut du bien ?

Le Vendredi 15 Février 2013 par

Olympique de Marseille
En ces temps troublés où l'OM, dont l'actuel classement dissimule aux yeux des naïfs et des benêts autosatisfaits un état de crise latent qui couve depuis déjà de nombreuses années et semble vouloir s'éterniser, il est bien naturel de chercher des responsables et le Président, avec son rôle de fusible, fait une victime expiatoire toute désignée.
Il n'est d'ailleurs pas totalement erroné de souligner que Vincent Labrune, transparent quoique roublard, et définitivement meilleur gestionnaire que véritable décideur, n'est effectivement pas l'homme le plus indiqué pour gérer un club aussi atypique que l'OM.
La famille Louis-Dreyfus, dont rappelons à ceux qui ont la mémoire courte que Robert, en son temps, avait eu sa part de volée de bois vert, et dont l'infortunée Margarita a hérité, en même temps qu'un portefeuille d'actions du groupe, les critiques attachées à feu son mari, fait également figure d'épouvantail avec ses visons et les fantasmes liés aux hypothétiques millions qu'elle se garderait jalousement sous le coude au détriment du club, et que d'aucuns s'accordent à lui reprocher aigrement, en parfaite méconnaissance des règles les plus élémentaires du Droit et des codes du Commerce et de la Finance... et au mépris d'une évidence pourtant régulièrement rapportée par Sportune, que l'OM est et demeure le premier budget de L1.

Mais il est un homme qui se détache plus encore, un homme qui fait figure de tête-pensante dans ce trio MALéfique*, et qui cristallise les angoisses et la colère des supporters fatigués de voir leur club devenir lentement mais sûrement un club qui ne fait plus peur à ses concurrents, un club dont se gaussent les supporters adverses, un club banal de L1. Cet homme, c'est José Anigo, dont je tairai ici les petits surnoms assez peu flatteurs dont il est de plus en plus souvent affublé : fut un temps où il fut, sinon encensé, en tous cas davantage soutenu qu'aujourd'hui. Mais cette fois, le divorce semble proche entre le Directeur sportif et les virages, comme si l'âme du club s'en était allée en même temps que ses derniers cheveux.
Une énigme, Anigo, pour un nombre grandissant de gens dont même les plus fidèles se détachent peu à peu.
Qui es-tu, José ?

Ses derniers soutiens soulignent un personnage pagnolesque. Assurément, l'homme n'est pas antipathique, avec ses rondeurs de bon nounours et sa truculence toute provençale. Né et grandi à l'ombre de la Bonne Mère, on ne peut en tous cas dénier au Fernandel de l'OM son attachement au club : successivement joueur, entraîneur, directeur sportif, multipliant CDD et CDI à quasiment tous les postes que peut compter un club de foot, l'histoire de José se confond avec celle de l'Olympique de Marseille depuis 1979.

Toute la question est de déterminer la nature de cet attachement. S'agit-il d'un attachement viscéral, d'un amour profond et inconditionnel pour sa ville et son vaisseau-amiral comme on pourrait être tentés de le croire au vu des déclarations récurrentes du bonhomme ? Epargnons-lui en tous cas le procès d'intention qui lui est fait, selon lequel cet attachement serait exclusivement économique : il faut bien gagner sa vie et il n'y a rien de déshonorant à préférer la gagner là où on se sent le plus légitime - ou le moins illégitime -.
Pourtant, au vu des dernières années surtout, on ne peut nier un désamour grandissant, une certaine lassitude, peut-être, née de la routine, d'un certain confort moral : José, convaincu sans doute par l'assurance de l'amour de sa belle et croyant, en bon macho, que cet amour est définitivement acquis, ne fait plus d'effort pour la séduire. Alors la belle s'aigrit, se dessèche, se détourne... et devient très colère quand son Prince, s'avisant brusquement qu'il pourrait bien finir par la perdre, fait brusquement mine de se rappeler son existence : non, la belle n'est pas un bouche-trou ! On ne rigole pas avec une femme bafouée !
En même temps, José, quand on travaille au corps année après année, instance après instance, dans l'objectif certes inavoué mais néanmoins évident à n'importe quel observateur extérieur, afin de s'approprier le pouvoir, tous les pouvoirs, il ne faut pas s'étonner, lorsque les choses vont moins bien, d'être celui à qui on en attribue la responsabilité : quand on s'expose (y compris en jouant son propre rôle dans un épisode de Plus Belle la Vie, l'anti-référence marseillaise), on s'expose aussi aux critiques ! Tu l'as voulu, tu l'as eu ! Puis quand le seul argument qu'il reste aux pro-Anigo c'est "arrêtez de tirer sur l'ambulance", c'est que, quelles que soient les formes qu'on y met, le malaise est plus profond qu'une simple querelle d'amoureux.

Ses soutiens, à l'ami José, répètent inlassablement en boucle qu'il fut le génie qui a "lancé" Nasri et Drogba, et qui est allé chercher Valbuena. Il s'en trouve même pour croire à la légende selon laquelle il aurait arraché de haute lutte Kaboré aux recruteurs du Barça. Une anecdote qui prête à sourire quand on connaît les conditions dans lesquelles elle se serait déroulée ; un conte que même un enfant de cinq ans ne peut gober autrement que pour ce qu'il est : un conte.
Mais ce qui prête aussi à sourire (jaune), c'est que quand on fait le bilan des années d'Anigo à la tête du pôle sportif, on se dit : "tout ça pour ça ?" Certes, Nasri, certes Drogba, certes Ptivélo. Trois joueurs en, combien... sept, huit années au moins ?
Trois joueurs. Dont un jeune du centre de formation dont la carrière ne s'étoffera qu'après son départ, un attaquant prometteur largué dès l'année suivante pour une histoire de gros sous et qui ne deviendra là encore la star internationale qu'il est devenu qu'après son départ.
Et Mathieu Valbuena, qui fête avec un statut de taulier d'une équipe par ailleurs en morceaux sa septième année de fidélité au club. Sept ans, l'âge de raison ? N'empêche que si je compte bien, ça ne fait jamais qu'un seul pari réussi ; ça fait maigre, sur un CV.

On me reprochera peut-être d'ignorer délibérément les indéboulonnables Cheyrou et Kaboré. Ces deux garçons ont visiblement une attitude exemplaire. ils acceptent tout, même de passer la moitié de la saison sur le banc. Sérieux dans l'effort et rendant souvent de grands services sur le terrain, il n'en reste pas moins que ce n'est sans doute pas un hasard si aucun de ces deux piliers n'a jamais été un capitaine indiscutable (même si Ben Cheyrou a épisodiquement porté le brassard). Et qu'il apparaît de plus en plus évident qu'ils ont tous deux atteint leur seuil d'incompétence... ou tout simplement, les limites physiques de leurs artères : tout juste trentenaire pour l'un, pas encore pour l'autre, et déjà vieux et blasés, on peut difficilement espérer d'eux encore une grande marge de progression.

Ou encore, de négliger l'arrivée tonitruante de Gignac. Mais avec tout le respect dû à "Dédé", Gignac, recruté au débotté pour remplacer en urgence un Mamadou Niang dont le dossier a été incroyablement mal géré de bout en bout - par qui vous savez, inutile de faire l'autruche -, fait partie des trop nombreux "flops" de Tonton José. Pourquoi ?
Pour des motifs économiques, d'abord : quand on prétend "faire des économies", on n'achète pas 15 millions un joueur qui en vaut 5, et on ne lui propose pas un salaire automatiquement revalorisable supérieur de plus de 50 % à la moyenne de la masse salariale de l'équipe en guise de "premier accompte".
Ensuite, pour des raisons sportives : André-Pierre Gignac, attaquant-vedette ? Oui, mais d'une équipe abaonnée au milieu de tablau. Une unique saison canon dans un championnat d'un niveau assez pauvre cette année-là ne peut suffire à faire de lui le nouveau Zidane, le nouveau Henry. Pour des raisons physiques et mentales enfin : en dépit d'une carrure de troisième ligne, on sait APG fragile. Un joueur en bois, pas plus techniquement critiquable qu'un autre et même probablement moins que le numéro 9 titulaire de l'époque, Brandao, mais que le moindre contact, que le moindre geste un peu travaillé conduit à l'infirmerie. On sait APG sous tension également : soucieux de faire ses preuves mais probablement pas encore assez mûr, à l'époque, pour encaisser la pression du Vel' : jouer à l'OM implique, entre autres, d'avoir des nerfs d'acier.
Bon, depuis, le garçon a grandi, mûri, (re)pris confiance en lui, et à défaut de Zlataner le championnat, il tient depuis la reprise fort honnêtement son rang, dans et hors du terrain. N'empêche, deux saisons à cirer le banc de l'infirmerie et à faire les titres de la rubrique des chiens écrasés, il aura fallu, pour en arriver là.

Quant aux autres... on ne compte plus les illustres inconnus, les éternels espoirs toujours déçus, les chèvres annoncées comme des sauveurs...

Est-ce la faute de José si sur le terrain, les mecs ne sont pas à la hauteur ? Ou si le coach se montre peu enclin à effectuer des remplacements ? Non ! clament ses défenseurs, ce n'est pas Anigo qui marche sur la pelouse au lieu de courir, qui fait des fautes inutiles, qui s'abstient de tout coaching quand les gars sont physiquement cramés.
Bien-sûr que si ! rétorquent les déçus : qui s'arrange, depuis des années, pour favoriser les poulains de ses copains agents, au détriment de recrues plus en phase avec le club et ses ambitions ? Qui se débrouille pour influer sur la direction générale du club, en sapant l'autorité des mecs à couilles au profit exclusif de gens qui lui laissent le champ libre ?

C'est là que se pose la question cruciale, celle de la compétence du monsieur. Jusqu'à quel point sa mainmise sur tous les aspects sportifs - et par ricochet, économiques - du club, influent-ils sur les résultats ? Jusqu'à quel point José se dissimule-t-il, aujourd'hui, derrière le classement (inespéré et presque artificiel) de l'OM et d'autres personnalités (Elie Baup en ce qui concerne la partie sportive, Vincent Labrune et MLD relativement à la partie économique, les travaux du Vel' pour la partie technique) pour nier le fond de jeu affligeant, le banc numériquement correct mais qualitativement inquiétant, l'absence de plus en plus criante d'ambition réelle ?
Quelle est-elle, d'ailleurs, son ambition à lui, pour ce club qu'il dit aimer "à la vie, à la mort", et quels moyens se donne-t-il - et accorde-t-il à ses collègues - réellement, pour concrétiser ces ambitions ?
Autant de questions qui demeurent sans réponse, et qui nourrissent les pires suspicions à son encontre.

José Anigo, l'homme du "milieu". Comme son fils est un bandit, comme ses amis d'enfance et agents de joueurs sont des bandits, comme il se retrouve au coeur d'une tourmente policière et judiciaire, forcément, les soupçons, justifiés ou non, vont bon train. Faire la part des fantasmes et des réalités à ce stade d'une enquête qui n'en est qu'à ses balbutiements relèverait de la pure affabulation et s'exprimer sur le fond d'un dossier qui demeure opaque serait intellectuellement malhonnête.
Mais on aimerait que le principal intéressé désapprenne la langue de bois. Qu'il désapprenne aussi à jouer les victimes larmoyantes. Et qu'il assume pleinement sa part de responsabilité dans les nombreux motifs de la colère qui gronde et s'amplifie chez les supporters.

Je ne suis pas de ceux qui vocifèrent "Direction, démission !" sans nuance ni recul. Je ne suis pas de ceux qui profèrent des injures. Je ne suis pas de ceux qui désignent une tête de turc, un coupable unique, un vilain méchant qui veut la mort de l'OM. Au contraire, je crois en la sincérité de José quand il proclame son amour pour l'OM. Mais aujourd'hui, pour la survie de l'OM, de l'OM qu'on aime, de l'OM qu'il aime, je crois qu'il est temps que ça s'arrête.

Et ainsi, restons bons amis.





*le MAL, pour Margarita-Anigo-Labrune, source de tous les maux de l'OM selon Vuelva Massilia et une part grandissante de supporters phocéens.


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