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Démission de Bielsa : De nouvelles révélations et beaucoup de questions !

Le Lundi 10 Août 2015 par

Olympique de Marseille
La brutale démission de Marcelo Bielsa a plongé l'OM dans un chaos indescriptible, suscitant maintes réactions épidermiques, pointant du doigt la responsabilité réelle ou supposée de tel ou tel et surtout, posant nombre d'interrogations. Quels sont les véritables motifs de la défection soudaine du fantasque argentin ? Qui a torpillé l'accord validé entre lui et Vincent Labrune, et dans quel but ? Quelles sont les clauses incriminées ? Qui va payer les pots cassés ?

S'il paraît désormais évident que l'actionnaire Margarita Louis-Dreyfus, en court-circuitant le Président Vincent Labrune, porte une lourde part de responsabilité dans cette tortueuse affaire, et si la réputation sulfureuse de son avoué Igor Levin n'est certainement pas étrangère à la défiance du coach à la glacière, il n'en reste pas moins que ce dernier semble de plus en plus loin de l'homme vertueux drapé dans sa dignité qu'il a bien voulu nous faire croire.

Rappel des faits :

Mercredi 05 août, à la demande de Margarita Louis-Dreyfus, une réunion est organisée dans le plus grand secret et à l'insu de Vincent Labrune à la Commanderie, entre l'entraîneur Marcelo Bielsa d'une part, les directeurs techniques adjoints Philippe Pérez et Luc Labboz d'autre part, ainsi que le représentant de MLD, l'avocat d'affaire Igor Levin.
A ce stade, on ignore ce qu'il s'y est raconté, mais au sortir de cette réunion, Bielsa rédige, lui aussi dans le plus grand secret, la lettre de démission que l'on sait.

Jeudi 06 août, le préparateur physique Jan Van Winkel annonce son départ pour l'Arabie saoudite. Dans son communiqué, il précise qu'il s'agit seulement pour lui de saisir une nouvelle opportunité, de connaître une nouvelle expérience, et se montre très élogieux envers l'OM et son staff. Nul n'y voit la marque de quelque trouble que ce soit, puisque le club a de toutes façons recruté il y a deux mois un second préparateur physique, Pieter Jakobs, parfaitement apte à prendre la succession de Van Winkel.

De son côté, Marcelo Bielsa, qui ne s'est plus exprimé publiquement depuis trois mois et la clôture de la saison 2014-15, se présente en conférence de presse et y annonce son "enthousiasme" pour le projet de la saison à venir, exprime sa satisfaction pour la gestion du mercato encore en cours, et se congratule de sa parfaite entente envers Vincent Labrune sur l'ensemble des dossiers ainsi que le professionnalisme et le bon travail effectué par et avec l'ensemble du pôle administratif dans le cadre de la prolongation de son contrat. Personne ne se doute le moins du monde qu'au moment où il déclare ces propos face caméra, il est en train de mentir éhontément et qu'il a dans la poche la lettre de démission dans laquelle, quoique vague sur ses justifications, il dit exactement le contraire.

Vendredi 07 août, journée d'entraînement intensif à la veille du premier match de la saison. Absolument rien ne transparaît d'anormal. On sent juste une effervescence bien naturelle à l'entame de la nouvelle saison de championnat. A l'exception de Marcelo Bielsa, personne à la Commanderie, dans l'entourage du club ou dans les media ne sait, sent ou devine ce qui se prépare.

Samedi 08 août, c'est le grand jour ! Et en dépit d'une entame de match ratée, d'une imprécision ahurissante dans la finition, et de la défaite (voir ici et ici), c'est au son des "Bielsa ! Bielsa !" scandés par le stade entier que l'arbitre siffle le coup de sifflet final.
A la mi-temps, le Maire de Marseille Jean-Claude Gaudin s'est entretenu avec Igor Levin, afin de le charger de transmettre un message à MLD, celui que le club devait "tout faire" pour conserver Marcelo Bielsa le plus longtemps possible. Levin lui-même ne semblait alors toujours pas avoir réalisé le séisme qui se préparait.
A l'issue du match, la conférence habituelle montre un Bielsa soucieux de remonter la pente rapidement et celui-ci indique les principaux axes de travail sur lesquels il se focalisera dans les prochains jours. La conf' de zone mixte ordinaire et parfaitement banale d'un coach qui s'inscrit dans la saison. C'est alors que, face à un parterre de journalistes médusés, il se met à lire de son ton monocorde, les yeux baissés sur ses feuillets, la déclaration (voir ici) qui plonge l'assistance dans la stupeur et l'incompréhension.
C'est le chaos total. Les joueurs sont sous le choc, le Président est abasourdi, les supporters sont dépités, personne ne comprend.

Dimanche 09 août, tandis que les réseaux sociaux s'emballent, chacun cherche à comprendre et y va de son hypothèse tandis que le club, plongé dans l'une des plus sérieuses crises de son histoire, doit réagir dans l'urgence. Un communiqué du board est publié au plus vite (voir ici) mais il n'explique rien.
On apprend un peu plus tard que la pierre d'achoppement évoquée par Bielsa serait liée à un simple point de détail : d'après plusieurs sources concordantes, il semblerait que MLD aurait souhaité soumettre la prime de 300 000 € d'ores-et-déjà accordée pour l'exercice 2016-17 de la formation, à une exigence de résultat - en l'occurrence, la quatrième place. En d'autres termes, il s'agit d'un point mineur qui aurait largement pu être rediscuté au long de la saison, sans déclencher tout ce pataquès.
On évoque aussi selon ces mêmes sources une vague allusion à la durée du contrat elle aussi soumise au classement à l'issue de l'exercice en cours.

Deux informations plausibles quoique non confirmées pour l'instant, et qui désigneraient donc Margarita Louis-Dreyfus comme l'unique responsable de ce fiasco, pour avoir prétendu modifier au dernier moment les termes d'un contrat qui avait été accepté par toutes les parties.

On passera sur le fait qu'on a aussi découvert ce jour-là que Marcelo Bielsa avait profité de ses "vacances" pour entamer en douce des pourparlers avec West Ham (et d'autres clubs ?)

Lundi 10 août, les clauses brutalement remises en cause se précisent. Où l'on découvre cette fois-ci les réclamations très particulières de Marcelo Bielsa qui aurait exigé en sus des termes déjà pointilleux de son contrat, de récupérer intégralement les salaires jusque là versés - et nouvellement réévalués - de ses deux adjoints démissionnaires, les frères Torrente, ainsi que la totalité des avantages qui y étaient liés (notamment de confortables indemnités de logement).
Or, selon Philippe Pérez, lors de la discussion de mercredi, il n'a à aucun moment été fait état de revenir sur ces termes, l'objet de la réunion étant justement d'insérer ces exigences étonnantes dans le contrat, afin de leur donner le cadre légal permettant au club d'y donner suite.

Alors qui ment ? Qui dit vrai ? Seule la publication intégrale des termes du contrat initial et des minutes de la réunion de mercredi dernier permettraient d'y voir clair.

Il est dans tous les cas notable qu'en court-circuitant délibérément Vincent Labrune, Margarita Louis-Dreyfus placerait celui-ci en difficulté et qu'elle ne l'ignorait pas. Il est également notoire qu'elle connaissait l'humeur tâtillonne et le caractère emporté de Marcelo Bielsa, et qu'en prenant celui-ci de court, elle prenait un énorme risque.
Toute la question aujourd'hui est donc de comprendre à quel jeu joue Margarita Louis-Dreyfus : quel intérêt poursuivait-elle en intervenant dans une partie qui n'est pas la sienne, en torpillant des accords au dernier moment, en s'immisçant dans la relation enfin constructive et vierge de tout nuage entre les deux hommes les plus importants de l'OM, alors que celle-ci avait plutôt mal commencé ? Qu'espérait-elle y gagner ? S'imaginait-elle qu'en déclenchant une crise sans précédent dans l'histoire de l'OM, elle affirmerait mieux son autorité ? Croyait-elle vraiment que sa tentative n'aurait aucune conséquence ? Et pensait-elle réellement qu'un moment ne viendrait pas, où il lui faudrait rendre des comptes ?

cependant, le comportement de l'actionnaire majoritaire, son mépris caractérisé envers "le petit personnel", excuse-t-il le moins du monde le désormais ex-coach, pour avoir plongé le club dans la tourmente ? Pour avoir menti pendant plusieurs jours ? Pour n'avoir joué franc-jeu avec personne ? Pour n'avoir même pas pris la peine de s'expliquer de façon circonstanciée auprès de son Président, de ses joueurs, et des supporters qui lui avaient donné leur blanc-seing ?

Comment Vincent Labrune, dont beaucoup semblent oublier - ou ignorer - que contrairement à beaucoup de Présidents de clubs, il n'est qu'un employé et non son propriétaire légitime, et est très isolé désormais alors que s'il y en a bien un, dans cette histoire, qui n'a strictement rien à se reprocher, peut-il réagir ? Doit-il "porter ses couilles" et remettre sa démission à celle qui a piétiné tous ses efforts, au risque de plonger encore un peu plus le club dans le chaos ? Doit-il au contraire ravaler son orgueil bafoué et maintenir le cap coûte que coûte alors même qu'il se sait à présent sur un siège éjectable et que "la patronne" n'a pas le moins du monde l'intention de lui laisser la bride sur le cou ? Peut-il, seulement, envisager d'abandonner cet OM qu'il a appris à connaître et à aimer, alors qu'il en représente désormais le dernier pôle de stabilité, au moins pour la saison en cours ?

Et nous, à présent ? Nous, les supporters, sans qui aucun club n'existerait ? Nous qui payons, nous qui nous enthousiasmons, nous qui nous fâchons aussi parfois, nous qui animons les stades, nous qui soutenons notre club contre vents et marées même dans l'adversité, qui sommes-nous ? Que faisons-nous ? Qu'attend-on de nous ?


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