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Et si l'OM disait adieu à la L1 ?

Le Lundi 13 Juin 2016 par

Olympique de Marseille
Depuis plusieurs semaines l'entité professionnelle de l'OM est en conflit avec son association pour la signature d'une convention la liant à cette dernière. Les parties ne se renvoient la balle désormais que par voie d'avocat tant et si bien qu'il semble difficile qu'un consensus apparaisse. Pourtant le temps presse, la convention doit être signée au plus tard le 30 juin... sinon l'OM pourra dire adieu à la L1 ! Explications...

L'élément déclencheur, celui qui a semble-t-il a mis le feu aux poudres est un document de la FFF qui classe le centre de formation de l'OM géré par le secteur amateur du club (son association) au 23ème rang hexagonal. Un sentiment de gâchis de la part d'une direction Olympienne qui débourse la subvention permettant à l'association d'avoir l'un des budgets les plus importants de France (5,6M€). C'est pour cette raison que la SASP OM, l'émanation professionnelle du club, souhaite notamment que la CFA, les U19 et U17 dépendent désormais d'elle et non de l'association. La section professionnelle souhaiterait en effet pouvoir plus aisément avoir un pouvoir de décision quant aux joueurs à même de composer ses effectifs. Un membre du club confiait ainsi dans les colonnes de La Provence : "Ce n'est pas normal qu'on ne puisse pas décider de qui joue en réserve selon les besoins du staff pro, ou qu'on ne puisse pas impulser une politique sportive commune".

Si les négociations avaient été entamées par Philippe Pérez, celles-ci ont ensuite été poursuivies par l'un des avocats du club maître Grimaldi une fois Pérez débarqué. Suite à des échanges vains de recommandés et autres mails avec Michel Foucault et Robert Nazarétian responsables de l'association OM, l'OM se retrouve désormais avec comme unique interlocuteur l'avocat de l'association. Ambiance...

Le temps presse !

Pourtant les discussions ne peuvent pas s'éterniser : la convention doit être signée au plus tard le 30 juin. Si tel n'était pas le cas, les conséquences n'en seraient que désastreuses. En effet, selon un fin connaisseur de ce type de dossier : "La section pro n'a pas de numéro d'affiliation et ne peut donc pas inscrire d'équipe en Ligue 1. En contrepartie, l'association n'a plus de subvention d'équilibre en retour de la SASP et devra se débrouiller sans son budget annuel (5,6 M€, ndlr)... ". Si les deux parties restent campées sur leur position défendant chacune leur intérêt, la non-signature de cette convention irait bel et bien à l'encontre des intérêts de chacune d'entre elles avec des proportions autrement plus importantes que les quelques concessions que nécessitent un accord.

Numéro d'affiliation, arme au profit d'une association pro-mairie ?
Pour rappel, en juillet 2014 et alors que Vincent Labrune menaçait de faire disputer les premières rencontres de Montpellier dans le stade de la Mosson de Montpellier en raison du coût excessif du loyer du Vél' imposé par le maire Jean-Claude Gaudin, l'association avait dégainé sa menace du numéro d'affiliation. Ce numéro d'affiliation qui pourrait bien une fois de plus être un moyen de pression sur le secteur pro de l'OM face au secteur amateur semble être une véritable arme en cas de désaccord avec la SASP. Aux mains de l'association, il est nécessaire à n'importe quel club professionnel pour pouvoir être qualifié juridiquement dans son championnat. L'association dont - ce n'est un secret pour personne - le président Michel Foucault est un proche de Gaudin, n'avait pas hésité en effet à l'été 2014 à aller publiquement au soutien du maire de la ville quitte à ce que le club en pâtisse financièrement. Au final c'est la mairie qui avait fini par céder.

A l'OM, ce numéro d'affiliation reste considéré comme une arme pour les pouvoirs publics marseillais. Gaudin ne disait-il pas en avril dernier au sujet de ce dit numéro : "C'est un droit de regard. MLD dit dans son communiqué qu'elle 'informera le maire', mais pour le maire de Marseille, c'est un peu plus que cela" ? Celui-ci permet, comme c'est le cas à Marseille, de garder un certain contrôle de la part des pouvoirs publics sur les clubs pros. En avril dernier, le nouveau président de la LFP, Didier Quillot affirmait vouloir mettre fin à cette menace des numéros d'affiliation en les transférant aux secteurs professionnels des clubs : "Cela permettrait ainsi aux investisseurs potentiels d'être sécurisés sur la pérennité du modèle économique du club. Un investisseur qui verrait que sa participation au championnat peut lui être retirée à tout instant par l'association peut légitimement s'interroger". Selon Christophe Bouchet ex-président de l'OM,"c'est la revendication première des clubs pros depuis quinze ans." Cependant il s'agirait plutôt d'un coup de comm' de la part du président de la LFP selon le dirigeant de l'OM de 2002 à 2004 : "ça n'ira pas plus loin. Quillot n'a aucun pouvoir là-dessus".

Cette épée de Damoclès du 30 juin avec la menace d'une impossibilité pour le club de jouer en première division - qui rappelle un conflit entre le président du club de rugby du MHR Mohed Altrad et son association en 2012 - conduirait évidemment le board de l'OM à être de l'avis de Didier Quillot. La direction de l'OM ne pourrait voir que d'un bon œil cette perte d'influence de l'association (et donc indirectement de la mairie de Marseille) dans le but de favoriser une revente du club. Pourtant Bouchet se veut dubitatif : « Bien sûr, il serait plus simple de disposer du nom et du numéro, pour des questions de fluidité. Mais d'un autre côté, l'association permet parfois de ramener à la raison le club. On peut avoir des dirigeants de clubs imprudents ou malhonnêtes, et si la collectivité n'a aucun contrôle, le club peut faire faillite et disparaître. Elle permet d'avoir un oeil sur l'état du malade, ou parfois d'éviter des présidents farfelus, voire escrocs. Il faut se souvenir de l'épisode Kachkar par exemple. Franchement, cette histoire de numéro n'a pas empêché les Qataris d'acheter le PSG, ni Tapie ou RLD d'acheter l'OM. Pour moi, ce n'est pas un problème prioritaire".

En effet, la priorité des deux parties reste pour l'heure de converger vers une convention qui les satisfasse toutes deux. Il ne reste plus que 17 jours...