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Road trip Marseillais en Amérique Latine

Le Mercredi 28 Décembre 2016 par

Olympique de Marseille


Vivant en Argentine depuis fin juillet, j'ai eu l'opportunité de faire un road trip avec un collègue une fois les cours universitaires terminés. Un petit mois devant nous pour découvrir plus en profondeur l'Amérique Latine. De la Patagonie Argentine en passant par le nord du Chili et son désert d'Atacama, pour finir en apothéose avec le Pérou, les superbes villes d'Arequipa et Cusco, et, last but not least, le Machu Picchu. Récit d'un voyage où, finalement, au fil des rencontres le foot et l'OM n'étaient jamais très loin...

Samedi 29 novembre. Avec Reynald mon compagnon de route, c'est le grand jour. Le sac sur le dos, le maillot de l'OM et l'écharpe de Marcelo Bielsa jamais bien loin, je me sens d'attaque pour débuter ce long voyage en bus, et suivre la route tracée, il y a quelques décennies, par le Che. Ça démarre fort avec 40h de bus pour rejoindre El Calafate. Après avoir passé Buenos Aires la tentaculaire qui recèle autant de terrains de foot que de bidonvilles, nous rentrons dans la Pampa. Toutefois, vous pouvez être sûr qu'à chaque ville traversée, le stade de foot sera bien en évidence. Les piétons arborant dans une proportion bien supérieure à la France des maillots de l'Argentine ou de leurs clubs favoris, River mais surtout Boca en tête...


Olympique de Marseille

Arrivée sur El Calafate. Après quelques randos avec des points de vue à vous couper le souffle autour de glaciers (le Perito Moreno en tête, photo ci-dessus), nous mettons les voiles vers Bariloche, ville qui là aussi regorge d'européens... Mais c'est une discussion avec un chauffeur de taxi qui retiendra mon attention. Après nous avoir posé quelques questions sur ce que l'on pensait de l'Argentine, lui nous dira, à bâtons rompus quelque chose comme : « Vous savez, l'Argentine serait un pays parfait s'il n'y avait pas les Argentins ». Bien que nous soyons un peu groggy par cette affirmation, la discussion se poursuit toutefois avant de dériver, inévitablement, sur le foot. Maradona tout d'abord. J'apprends au taxiteur qu'El Pibe de Oro a failli, par deux fois, rejoindre l'OM quand il était encore sur Naples. Evoquer l'OM renvoie automatiquement les Argentins à Marcelo Bielsa. J'y montre mon écharpe. Nous voilà partis sur une discussion enflammée sur El Loco. « Tu sais pourquoi on l'appelle El Loco ?" m'interpelle-t-il. "Pour sa rationalité à toute épreuve ?" Il acquiesce. « On l'appelle El Loco parce qu'il lui faut deux fois moins de temps qu'à n'importe qui pour analyser une situation donnée ». La discussion se poursuit sur l'extrêmisme de Bielsa et la raison qui fait certainement que le Rosarino divise encore aujourd'hui en Argentine : l'élimination sans strass ni paillettes (et ni Payet) au premier tour de la coupe du Monde 2002. L'échec de sa vie que beaucoup d'Argentins ne lui pardonnent pas. Il le verra comme une étape dans sa vie se terrant seul pendant plus d'un an dans une petite maison loin de tout. Des murs blancs autour de lui, et un crucifix.

Le Chili non plus n'a pas oublié le passage de Bielsa... 

Il est alors temps pour nous d'aller découvrir le Chili. Au cours du voyage qui empruntera majoritairement des voies très touristiques, les européens ne manqueront pas et en particulier les français. Bien visible lorsque je portais le maillot de l'OM, cela me valut quelques échanges très sympas. Je pense par exemple à Valparaiso où, dans un chassé-croisé pour aller à la salle de bain d'un hostel (auberge de jeunesse), je me retrouvais nez-à-nez avec un Marseillais. Cuistot de métier, ce dernier a pris la décision de suivre un autre chemin dans sa vie en allant bosser quelque part - il allait bien voir au fil des rencontres, du ressenti - en Amérique Latine. Si l'échange est bref, nous aurons le temps de parler un peu de l'OM. J'évoque OhaiMe-Passion avec lui. Il ne connait pas. 5 minutes après, alors que mon sac est bouclé et qu'on doit filer sur Santiago, on se salue une dernière fois. Avec un grand sourire il me dit qu'il vient de s'abonner à notre page Facebook.


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Valparaiso aura été une étape certes rapide - deux jours, deux nuits - mais suffisante pour ressentir l'animation d'une ville portuaire aux mille couleurs. D'une ville déclarée patrimoine culturel de l'humanité par l'Unesco notamment pour cette créativité sans borne, qui déborde d'esthétique à l'image de ces tags somptueux qui décorent les rues. Un art de rue, une créativité, un port, du multiculturel à en revendre qui rappellent forcément une autre ville. Phocéenne celle-ci. Hélas, là s'arrête le comparatif. En effet, le club de foot de Valpo, n'a, à la différence de l'OM, rien de mythique. Il végète en première division dans l'anonymat le plus total. Il n'en reste pas moins que l'occasion est belle de sitcker la ville, et d'y ajouter nos belles couleurs : le bleu et le blanc de la ville Phocéenne et le rouge et le jaune de la Provence.


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Alors qu'on a pris une petite embarcation pour faire un tour du port, face à nous un Chilien engage la discussion. Comique de nature ce dernier met l'ambiance sur le bateau. Entre 2 vannes sur le parlement de Valparaiso, on discute foot. De Marcelo, évidemment. Il me confirme la patte Bielsa toujours présente sur le jeu de l'équipe nationale du Chili, puis chambre des ados colombiens. Je dois avouer que je ne comprends pas tout. On s'y retrouve en parlant de Valderrama, de sa tignasse et de son passage dans le sud de la France.

Après un passage bref sur Santiago dont le seul charme est l'invention du terremoto (littéralement, « tremblement de terre »), un alcool local à base de pipeño (vin blanc fermenté), de grenadine et d'une boule de glace à l'ananas ; nous filons sur San Pedro de Atacama, son désert évidemment et ses merveilles. Nous verrons la vallée de la Lune, la vallée de la mort. Un passage obligé par la visite d'une forteresse de Quitor désormais devenue ruine archéologique. Passage obligé également aux geysers non loin de San Pedro. La folie du Vél' et des dép' me manque. Je me vois autour des geysers comme autour d'un craquage de fumis. A l'ancienne, à la bien, à la tienne cousin.


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Rattrapés par le temps, nous n'aurons pas le temps de tout faire... mais quel spectacle que nous offre une fois de plus la nature. Bref, nous quittons le désert d'Atacama pour aller plus au nord vers Arica, ville étape avant de rejoindre le Pérou.


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Pérou : le Machu Picchu, et l'OM !

Arequipa d'abord, Cusco ensuite. Deux villes superbes avec des vieilles pierres comme s'il en pleuvait. Autour de Cusco, nous visiterons de nombreux vestiges Incas avec en tête, évidemment, Sacsayhuamán. Impressionnantes constructions avec des pierres parfois de 20 tonnes ajustées au millimètre près. Une prouesse architecturale qui prend la forme nous dit-on d'une tête de puma, animal sacré dans la tradition Inca. Outre le point de vue sur la ville, ces ruines offrent l'occasion de réfléchir et de penser la société telle qu'elle est aujourd'hui... La visite des ruines de Q'enqo, Puca Pucara, Tambomachay, Tipon et Pikillacta sera un bon complément. Avec une belle vue, en prime, sur le stade de Cusco !

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Alors que ces ruines nous ont mis l'eau à la bouche, il est grand temps pour nous de filer au Machu Picchu. Un de mes rêves de gosse. Après 7-8h de bus à flanc de falaise, nous sommes déposés à hidroelectrica. Suite à deux heures de marche au coeur de la forêt luxuriante (avec une faune et flore d'une richesse rare) et des montagnes majestueuses de la vallée sacrée, nous arrivons en fin d'après-midi - et sous la pluie - sur la ville d'Aguas Calientes qui vit uniquement du commerce du Machu Picchu. Le réveil est fixé à 4h15 pour le lendemain matin. On a en effet pris la décision de partir à l'ascension de la montagne proche de la cité pour s'offrir un panorama unique alors que le flot de touristes n'est pas encore présent. J'avais anticipé ce jour-là gardant dans un coin de mon sac et propre le maillot de l'OM, en vue de cette journée qui s'annonçait unique. Elle le sera, et ce, à plus d'un titre.

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Après avoir pris quelques photos d'usage légèrement en surplomb, nous nous présentons au checkpoint de l'accès à la montagne. Ouverture prévue à 7h. A l'entrée les randonneurs se succèdent : signature, vérification du pass', et en voiture Simone. Pour moi ce sera un peu plus long. Le gars de l'entrée s'arrête sur ma ganache... ou plutôt mon maillot de l'OM. Il me complimente, ne connait pas l'OM mais me dit qu'il trouve cette camiseta magnifique. J'y expose brièvement le palmarès de l'OM, seul club français a avoir gagné la C1. Il tombe sous le charme et commence à me dire qu'il rêverait d'avoir ce maillot. Crevé de ma courte nuit, j'avoue ne pas trop le prendre au sérieux et m'aventure vers les premières marches de cette rando au pays des merveilles.

Plus de 2000 marches plus tard - et des points de vue tout du long sur le Machu Picchu, nous finissons, mon collègue et moi, par arriver au sommet. Au dessus des nuages. Au delà des rêves. La vue à 360 degrés est tout simplement magnifique. Je pose une nouvelle fois avec mon maillot de l'OM devant ce spectacle unique : cette folie Inca perchée au beau milieu de nulle part. La descente sera physiquement plus facile, pour sûr.


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Alors qu'on se voit encore il y a une heure de cela être à la place de ceux qui en bavent pour monter et nous demandent combien de temps il reste, un français m'interpelle : « Allez l'OM ! ». C'est jouissif. On discute quelques instants. Je lui souhaite bon courage. Il m'interroge sur le point de vue. « Je n'ai pas les mots, c'est magnifique. A l'image de l'Olympique ! ».

Notre descente en direction de la cité se poursuit. Au loin j'entends deux hommes dire « Racing ? » (NDLR, club Argentin de la ville d'Avellaneda aux couleurs bleues et blanches). Je rectifie, « non, Marseille ! ». L'occasion pour nous d'échanger quelques mots. Ils sont Péruviens, et comme beaucoup, amateurs de foot... La capacité de sociabilisation qu'a un maillot me surprendra toujours. 


Bref, tant bien que mal nous arrivons au point de checkpoint. Le gardien du temple du Machu est toujours là. Il me regarde. Regarde surtout le maillot. Ne lâche pas l'affaire. C'est parti pour un petit dialogue. Lui, le plus sérieusement du monde :

- Je te l'échange contre ces deux bouteilles d'eau.

- Non (je me marre)

- Ces trois bouteilles d'eau ?

- Non, il en faudrait bien plus...

Il me montre alors son habit d'officiel. Celui de gardien du temple du Machu Picchu avec les inscriptions brodées « Peru – Ministerio de Cultura ». Il est on ne peut plus sérieux, a la tête d'un gosse qui espère que son ultime bafouille pour arracher le sticker Panini qui lui manquait tant sera la bonne. Dans ma tête, tout va très vite. Le calcul est déjà fait. J'enlève mon maillot, lui file. Lui, me donne sa tunique d'officiel. Une pièce unique pour moi... tout comme pour lui le maillot de l'OM. On se quitte le sourire aux lèvres avec une grande accolade et des étoiles plein les yeux. Je suis heureux d'avoir à ma façon fait découvrir l'OM à un Péruvien. Heureux aussi de mon échange. Je me dandine alors fièrement dans la cité du Machu Picchu mon habit d'officiel sur le torse... et tombe nez-à-nez avec un autre gardien du temple qui écarquille des yeux made in Mesut Ozil. Il faut dire qu'avec ma tête d'européen, j'ai pas vraiment la gueule de l'emploi. Qu'importe, il ne me dira rien. Après tout, je suis un collègue ! J'attends avec impatiente que des touristes me posent des questions, à moi, le gardien du temple du Machu Picchu. A mon grand désarroi, ça n'arrivera pas.



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Après cette journée au pays des rêves, douce relaxation dans les thermes de la ville. Le lendemain, il est temps de faire la petite rando' obligatoire pour retrouver le bus à hidroelectrica. Je ne peux m'empêcher de faire un stickage en règle sur la voie ferrée. Au beau milieu de la vallée sacrée.


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Après quatre jours et trois nuits de bus (Cusco-Tacna-Arica-Santiago-Mendoza-Buenos Aires-La Plata), nous arrivons finalement avec mon collègue sur les coups de 2h dans la capitale de la Province de Buenos Aires. Heureux et fiers d'avoir mené à bien notre voyage. Mon cœur bat encore la chamade.

Quant à la notoriété de l'OM, bien que le club soit connu notamment par l'intermédiaire de Bielsa, je suis un peu déçu. L'Olympique ne parle pas à tous les Latinos. Pour les Argentins si, une fois évoqués les passages de Lucho et Heinze. Mais, à mon grand désarroi, il me semble que le club a pris un retard certain en terme d'image en Amérique Latine par rapport au QSG. Tout le long du road trip, je croiserai en effet des locaux avec des tuniques du club Qatari...

Toutefois l'espoir reste de mise. Selon nos informations, un pan de l' « OM Champions Project » sera d'exporter l'OM notamment sur le continent Américain. Cela passera certainement par la venue de stars des pays d'Amérique Latine. Le chantier est énorme, mais impossible n'est pas Marseillais !


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