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#FCGBOM Rolando : « Trois points contre eux, ce serait capital »

Le Vendredi 17 Novembre 2017 à 19:45 par J.Mars

Olympique de Marseille

Le stoppeur cap-verdien de l'Olympique de Marseille a accordé une longue interview au quotidien régional, La Provence. La voici en intégralité.

Contre Caen vous avez été absent au dernier moment. Que s'est-il passé ? 
Rolando : J'ai eu un torticolis. Je n'arrivais pas à tourner la tête. C'est réglé, le torticolis, ça part aussi vite que ça vient. L'an dernier, j'avais marqué contre Caen, mais nous avions trop souffert et gagné 1-0. J'échange volontiers mon but contre un 5-0. J'étais un supporter, devant un match presque parfait où les gens étaient heureux.

Depuis votre arrivée à l'été 2015, c'est la première fois qu'en novembre, l'OM est aussi bien classé ; ça se ressent au quotidien ? 
Rolando : Bien sûr, c'est plus agréable. Je suis arrivé à la fin du cycle d'un président, ensuite il y a eu l'arrivée de nouveaux dirigeants, un nouvel entraîneur. Là, nous sommes dans le vrai projet. Quand l'équipe ne tourne pas, c'est compliqué, parce qu'ici, les gens sont chauds, alors la première saison a été dure. Et le début de la deuxième encore plus. Aujourd'hui, je savoure.

L'arrivée de Rudi Garcia a été décisive pour vous, vous deviez partir après plusieurs saisons délicates, à Porto, Naples, Anderlecht, puis à l'OM. Et depuis un an, vous avez joué quasiment tous les matches. C'est important la confiance d'un entraîneur ? 
Rolando : Avec le temps, j'ai appris à respecter les choix des entraîneurs. Quand je signe un contrat, il n'est pas stipulé que je doive être titulaire. Il faut donc accepter. Je veux toujours jouer ; mais le coach (Franck Passi) a librement discuté avec moi, je savais ce qu'il en était. Mais je ne voulais pas partir. L'arrivée de Rudi Garcia a tout changé pour moi. J'ai eu des soucis à Porto en revenant de prêt ; à l'Inter, ça s'était bien passé mais Porto ne m'y a pas laissé. Dans le foot, il est important de bien se situer dans son espace, dans un club et je n'avais pas eu le temps pour cela. À Marseille, je connais tout assez bien, tout est naturel et il est plus facile de m'exprimer.

Trouvez-vous que les regards ont changé envers vous depuis lors ?
Rolando : Quand les choses ne tournent pas bien, peu importe ce qu'on pense de moi, je me connais. Actuellement, ça tourne, mais je ne suis pas le meilleur défenseur central du monde, comme avant je n'étais pas le pire. Tant qu'on me respecte, je respecte ce qu'on pense de moi.

« Avant, on vendait, aujourd'hui, on achète. »

Auparavant, les moqueries n'étaient pas toujours respectueuses... 
Rolando : C'est agréable quand on te respecte, mais moi, les réseaux sociaux, je ne regarde pas. Quant aux moqueries, la première année, c'est tout le monde qui y a eu droit. C'est mieux de vivre avec du positif...

Vous avez vu partir pas mal de joueurs, comme Batshuayi, Mendy, Mandanda (qui est revenu). Depuis quelques mois, la tendance s'est inversée. Que vous ont apporté personnellement les joueurs qui jouent près de vous comme Adil Rami et Luiz Gustavo ? 
Rolando : Beaucoup. Auparavant, beaucoup avaient envie de partir. Aujourd'hui, ils arrivent dans un projet avec la volonté de montrer leurs qualités. Adil, Luiz sont ambitieux, veulent prouver quelque chose, gagner. À côté de grands joueurs, c'est plus facile et le classement prouve que nous sommes bien. Le système a changé. Avant, on vendait, aujourd'hui, on achète.

Avec Luiz Gustavo, la communication se fait en portugais ? 
Rolando : Il y a quelques Brésiliens ou Portugais qui risquent de comprendre, mais c'est agréable de jouer avec quelqu'un qui parle la même langue. Même si je maîtrise le français, parfois, effectivement, l'adversaire ne comprend pas quand nous nous parlons. Le foot va si vite, un petit détail peut changer un match.

Sans lui, ce sera plus difficile à Bordeaux ? 
Rolando : Ce sera d'abord difficile parce que c'est Bordeaux. Mais il est un joueur très important. Nous n'en avons pas d'autre comme lui. Normalement, on double les postes, mais s'il y avait un deuxième Luiz Gustavo, il ne serait pas sur le banc. Les jeunes ont les qualités et l'envie. À eux d'en profiter.

Vous aurez plus de responsabilités pour guider Anguissa ? 
Rolando : Il a beaucoup de qualités, il progresse, il écoute, à nous de le guider. Il donne confiance. Il a marqué un joli but avec le Cameroun et je l'ai félicité. Je lui avais dit qu'il arrivait souvent en bonne position, qu'il fallait qu'il travaille ses frappes. Ça a payé et j'espère qu'il va mettre le même avec nous. Les milieux ont cet espace quand les attaquants sont bloqués. Luiz en a profité, Frank va y parvenir.

Vous n'aurez plus Evra. Comment avez-vous vécu les incidents à Guimaraes, vous étiez juste à côté de lui ?
Rolando : C'est un sujet compliqué, ça n'aurait pas dû arriver. On va dire que c'est la faute de tout le monde. Quand on a eu la carrière de Patrice, c'est dur de partir ainsi. J'étais là, c'est allé très vite, dans la chaleur du moment ; c'est plus tard, chez moi, en revoyant la vidéo que je me suis vraiment rendu compte. Nous perdons un leader. À d'autres de prendre du galon, de prouver quelque chose. Il reste un ami même s'il n'est plus un coéquipier.

• Cette défaite fait tache alors que vous étiez bien depuis plusieurs semaines. Ça complique votre parcours avant le match en Turquie ?
Rolando : Les deux premiers se qualifient et nous sommes deuxièmes, c'est déjà pas mal. À nous de faire un résultat positif à Konya puis de finir le travail contre Salzbourg. Nous aurions pu achever le boulot à Guimaraes, il faut le faire en Turquie. Il y a aura des conditions difficiles, à nous de ne pas s'arrêter à des détails hors foot.

« Sakai est le gars le plus gentil avec qui j'ai joué. »

• On a parlé d'Anguissa, mais Sakai aussi a hissé son niveau... 
Rolando : On rigole souvent avec lui. Je lui ai dit que lorsqu'il arrivait dans la surface, il ne faisait que des passes, mais là, il commence à frapper, il aurait pu marquer contre Caen. À l'entraînement, il y parvient. Il est trop respectueux. Parfois, le meilleur choix c'est de tirer, pas de donner. Je ne peux pas dire du mal de lui, c'est le gars le plus gentil avec qui j'ai joué. C'est dur de changer les mentalités, mais il maîtrise mieux le français, il va finir par marquer.

• Quand on est défenseur, comment aider un attaquant, comme Germain ou Mitroglou, à ne pas perdre confiance s'il ne marque pas ? 
Rolando : Le mental c'est le plus important, peu importe le poste. Je peux leur donner des tuyaux sur des mouvements plus difficiles à contrer pour les défenseurs mais il s'agit surtout de leur faire comprendre qu'ils sont importants pour nous et qu'on croit en eux. Ils peuvent nous faire gagner des matches.

• Quand on est défenseur, comment aider un attaquant, comme Germain ou Mitroglou, à ne pas perdre confiance s'il ne marque pas ?
Rolando : Le mental c'est le plus important, peu importe le poste. Je peux leur donner des tuyaux sur des mouvements plus difficiles à contrer pour les défenseurs mais il s'agit surtout de leur faire comprendre qu'ils sont importants pour nous et qu'on croit en eux. Ils peuvent nous faire gagner des matches.

• Le match contre PSG, qu'est-ce que ça a apporté à l'équipe ?
Rolando : Dommage de ne pas l'avoir gagné... C'est la qualité individuelle qui a fait la différence à la fin. Nous avons plus surpris nos supporters, les observateurs que nous-mêmes, parce que nous y croyions. Le coach nous l'avait dit : "S'il y a un jour où nous pouvons gagner, c'est aujourd'hui." C'était comme un défi de groupe. Pour beaucoup de gens, même une défaite honorable était envisageable, pas pour nous. Nous voulions tout donner, notre confiance a été stimulée.

• Comment expliquer que vous n'ayez pas été plus brillants juste après, à Lille, que vous ayez perdu à Guimaraes ? 
Rolando : À Lille, nous avons vite mené au score et quand ils ont poussé, on s'est dit que nous pouvions essayer de garder nos trois points, même sans la manière, mais avec l'envie. À Guimares, ce n'est pas pour chercher des excuses, mais quand l'effectif tourne beaucoup, tu prends des risques, même si les joueurs ont les qualités pour jouer. Et nous avons eu des occasions...

• Après le 5-0 contre Caen, dommage que vous n'ayez pas rejoué tout de suite. Mais ça stimule pour Bordeaux ?
Rolando : Ça a cassé l'élan. Mais on connaît l'importance de ce match parce que la saison dernière, nous avons lutté avec Bordeaux pour la qualification européenne. Trois points contre eux, ce serait capital.

• C'est un rival direct comme Saint-Étienne ou Lyon ? Longtemps vous avez eu du mal dans ces matches-là et depuis le 4-0 contre Saint-Étienne, vous réussissez mieux (sauf à Monaco). Pourquoi ?
Rolando : Notre effectif est bâti pour hisser le club vers le haut. Auparavant, on ne savait pas quoi espérer, ce qui allait se passer. Aujourd'hui, on bâtit pour y arriver et mentalement, ça change tout. Bordeaux-OM, ce n'est qu'un match de Ligue 1, mais on sait qu'il y a un enjeu spécial, contre une équipe que l'OM n'a pas battue chez elle depuis 40 ans. La saison dernière, nous aurions pu gagner, sans un but bizarre à la première minute. Nous pouvons les battre si on met les ingrédients nécessaires et en finir avec ces quarante ans. Je sais que ça compte pour les supporters et j'ai envie de leur donner quelque chose. Quand on leur donne quelque chose, on sait qu'après, ils vont nous en rendre le double.

Source : La Provence
Interview réalisée par Mario Albano

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