[Musique] Rock, Metal, Punk

Autour d'un 51, discutons de tout et de rien, ici, tout est permis ... ou presque !

Message Sam 13 Mai 2006, 18:43

The Strokes

Is This It (j'adore l'albul et la pochette :mrgreen: )

Nous sommes en 2001. Après avoir subit des lustres de néo-metal, caractérisé par des groupes poussifs et disgracieux qui prétendaient appartenir à une scène dite rock. Après la fin des années 90 qui semblaient plutôt morose.
A part Ok Computeur, Without You I'm Nothing (oui Placebo savait très bien écrire à cette époque) et quelques autres tout de même, peu d'albums réussissaient à laisser une petite trace, et très peu nous laissaient présager la ré-animation de la petite flamme qu'il restait au rock. Cette envie de prendre une guitare et d'en extraire tout ce qu'il y a de plus brut, de plus primaire. La dernière vague un peu excitante répondait au nom de Brit-Pop. Ici, on parle de Revival. Terme qui poursuit n'importe quel groupe qui sort un disque aujourd'hui dès l'instant qu'il comporte une guitare... Alors que tout le monde oublie combien tous ces groupes sont differents. The Strokes ne pensaient certainement pas déclencher le phénomène le plus réac de tous les temps. Avec tous les inconvénients et la hype que cela entraîne. Avec tout le tri qu'il faut s'obliger à faire. Avec tous les groupes de suiveurs hypocrites et un peu chiants qu'il faut oublier. Mais après tout, autant se contenter des meilleurs, profiter de ce retour au rock en dégustant ses miettes viscérales qu'il en reste, profiter de cette urgence puisque nous sommes nés trop tard pour vivre ce que d'autres ont dèjà vécu.

Is This It voit le jour et apparaît alors comme une bouffée d'air frais à l'heure où on mélange les styles, où on taquine les machines. On se dit que l'album à trente ans de retard, les détracteurs s'empressent de tout descendre en bloc, mais qu'importe ? Si les chansons sont bonnes. De toutes façons, en matière de pop-rock, tout à été exploité.
Sales mais subtiles, carrés, hargneux mais pas violents, les onze petits bijoux de ce disque au chant si désinvolte atteignent le summum de ce genre. Un océan de charme, de la fougue. Trois ans après sa sortie, l'efficacité des mélodies contenues dans ces parfaites pop-songs de trois minutes demeure intacte. Is This It sauve le rock et va bouleverser mais réconforter les amateurs de pop crade voir de punk New-Yorkais en seulement trentre six minutes et des poussières. Inespéré.

Ce revival est embarrassant et souvent trompeur. Les converses sont très en vogue. Mais il comporte quelques groupes qui sont casés là malgré eux et qui aiment la musique. Sans se soucier des accusations faciles de plagiat. Sans se sentir coupable de ne rien n'inventer, simplement en être conscient et en jouir. Juste là pour jouer, et pour sonner. Merci.


The Strokes

Room On Fire

Le dernier album des Strokes, intitulé Room on fire, n'aura pas fait l'unanimité du côté des critiques qui, après la révélation de leur premier album, les attendaient au tournant...armés jusqu'aux dents. Un article du magazine Magic de novembre-décembre 2003, avant de défendre les qualités de l'album, le constate en ces termes : "En France, l'accueil critique n'est pas aussi dithyrambique qu'il y a deux ans et les fines plumes de la critique se surpassent pour mieux tenter de détourner un constat amer autant que cruel : l'effet surprise de Is this It ne joue plus."

Oui, c'est vrai que ceux qui mettent Room on fire sur leur platine entendront le groupe new-yorkais The Strokes. Et les gars ne sont pas passés du rock à la salsa. Mais est-ce que l'effet de surprise était l'unique qualité de Is this It ? D'ailleurs, de quel effet de surprise s'agissait-il ? La surprise de voir le fils de John Casablancas, fondateur et président de la maison de mannequins Elite, faire du rock et le faire bien ? La vraie surprise du premier disque (sans considérer sa belle pochette...), qui se prolonge avec Room on fire, était bien sa qualité, d'autant plus frappante que le contexte en matière de production musicale à guitare était morose (et l'est toujours). Le disque, qui ne dure qu'une grosse demi-heure, s'ouvre sur un titre très péchu et négligé à souhait, où Julian Casablancas chante de sa voix éraillée "I wanna forgotten, and I don't wanna be reminded"...Puis s'est une enfilade de titres rapides et diablement efficaces pendant lesquelles le chanteur semble régler ses comptes avec la vie en générale et peut-être une fille en particulier : le malaise est perceptible. Il avouera au même magazine Magic, que le succès foudroyant du premier album lui avait coûté sa relation avec sa copine. L'effet libérateur à l'écoute de Room on fire vient d'ailleurs de cette indépendance qu'il décide et affirme (dans Between Love and Hate notamment), comme un ras-le bol après avoir été trop déçu et même persécuté (il chante simplement "Can't you find some other guy ?" dans The end has no end).

Un disque qui part fort et atterrit avec énergie et amertume. Il laisse une excellente impression. Un vrai disque de rock ; et l'on se pose donc autant de questions sur la santé du chanteur que sur la longévité du groupe. Mais on ne s'en pose plus sur son talent.


The Strokes

First Impressions Of Earth (leur dernier et mon preferer)

Certains diront que les Strokes ont perdu la rage adolescente qui faisait leur charme ; d'autres que tous leurs albums se ressemblent ... Ils auront bien sûr, tous torts !

Cet album est une pure merveille, tout d'abord parce qu'ils ont acquis une maturité instrumentale qu'ils n'avaient pas dans le passé. Ensuite, les morceaux sont beaucoup plus longs et complexes qu'auparavant : écoutez "Visions Of Division" et vous comprendrez. De plus, ils élargissent leurs influences, lorgnant parfois du côté de la new-wave comme en témoigne le trés beau "Evening Sun", ou même le solo un peu arabisant de "Visions Of Division". Mais l'album est composé d'autre perles comme le très dansant "Juicebox" qui montre que les Strokes n'ont rien perdu de leur énergie, ou le très eighties "Ask Me Anything", un des plus beaux morceaux de la galette.
C'est l'album le plus varié des trois, et le meilleur avec le premier je trouve. Bon après bien sûr, si vous êtes allergiques aux groupes en 'The'... Mais posons nous la question de la musique avant celle des étiquettes, et cette dernière est diablement et totalement jouissive ; n'est-ce pas l'essentiel ?

Ainsi, les Strokes montrent qu'ils ne sont pas les artistes d'un seul disque, et qu'ils vieillissent très bien. Mais on sait malheureusement que la critique détruit très vite ce qu'elle a adoré hier ...
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Message Sam 13 Mai 2006, 21:24

Moi mon préféré reste le premier et surtout le titre Last nite, le 2ème un poil bof et le 3ème très bon :mrgreen:
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Message Sam 13 Mai 2006, 21:49

Dans le meme style que les Strokes

The Kings Of Leon

Youth And Young Manhood

J.J. Cale aurait-il abusé de la cocaïne et monté un groupe de punk-rock ? ... Non, c'est une bande de petits jeunes de Nashville qui s'amusent à dynamiter le rock sudiste.
De loin, effectivement, ils ont des faux airs de Lynyrd Skynyrd ou de Steppenwolf (surtout avec la panoplie cheveux longs/moustaches), mais ça 'garage' tellement que ça finirait presque par sonner australien : serait-ce le fantôme de Bon Scott qui hante "Spiral staircase" ?
Qui dit garage dit métronome bien calé sur 'rythme soutenu' . Nos gaillards s'autorisent tout de même quelques gentilles ballades country-blues trop jolies pour être honnêtes, dont une improbable ghost-track (un peu éculé, au passage, le coup de la petite chanson qui arrive 5 minutes après la fin du dernier morceau ...).

N'attendez donc pas de fioritures de cet album, à part quelques bons solos de guitares bien criards et tranchants ; rien de très nouveau en somme mais de l'efficace, une sorte de version campagnarde des 'White Strokes' ...


The Kings Of Leon

Aha Shake Heartbreak

Je peux entendre encore mon père me demander de repasser en boucle "King Of The Rodeo", pensant avoir manqué un superbe groupe du début des années soixante-dix. Il est vrai que de prim'abord, à regarder le look des frères Followill de Nashville, on a l'impression de refaire un bon de trente ans en arrière ou d'assister à la réunion des Creedence Clearwater Revival. Concernant ce deuxième album, la musique des King Of Leon a évolué dans le bon sens. Si le premier LP était discret, le second est monté d'un niveau ! Les premières pistes s'enchaînent dans un superbe éclatant ! La basse se fait plus légère, mais omiprésente, le rythme s'accélère, "Slow Night, So Long" en guise d'introduction annonce bien la teinte de l'album. "Pistol Of Fire" est le titre le plus endiablé, "Taper Jean Girl" avec sa basse rebondissante et ses riffs crus est totalement entrainante. "Milk" clôt cette première partie et sert d'interlude intéressante, puis c'est reparti, "The Bucket" sonne déjà beaucoup plus pop, "Razz" très bluesy, "Soft" a de curieuses sonorités qui font penser aux Strokes. Les couleurs changent, on a l'impression que c'est Jack White qui introduit "Four Kicks". "Velvet Snow" est très rapide, on a l'impression d'être dans un train qui dévale une montagne et va se fracasser dans le ravin plus bas. (?) "Day Old Blue" et "Rememo" sont paisibles et terminent cet album que je trouve vraiment très bon !


Moi perso je suis fan...

Ce que j'adore chez eux c'est leur look très, très rétro



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Ca c'est leur look pour leur premier album

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Et voici leur look d'aujourd'hui


The White Stripes

Duo guitare-batterie, frère et soeur, réinterprètant tous les clichés du blues-rock US, des Stooges au Blues Explosion, en passant par le Mc-5 ou encore les Jam


The White Stripes

The White Stripes

Premier jet des White Stripes, première approche de ce duo désormais fédérateur de la vague revival-rock, new-rock au parfum nostalgique des 60's ou 70's ... mais, en définitif, on a affaire à un album de ROCK. Point.

Car, si les White Stripes sont clairement influencés par les Stones ou par la sonorité garage des Cramps, ils les ont néanmoins digérés, pour recracher un son à eux.
Mais relativisons ; totalement original, non, diablement rock'n'roll, oui.
Une énorme puissance se dégage de l'ensemble, dès le premier titre "Jimmy The Exploder". Gros riff jouissif made in Detroit, accompagné d'un jeu de batterie minimaliste, maladroit, qui fleure bon l'amateurisme, mais qui reste dans l'esprit de cette musique. Impact brut, plaisir immédiat, la voix criarde et sauvage de Jack White se colle sur le tout, et là on savoure.
Puis, "Stop Breaking Down", encore un riff bouillant, son pourri, crachotant, garage, encore une claque. Et ça défile, du blues poisseux de "Suzy Lee" au piano enflammé et frénétique de "St. James Infirmary Blues" : entre les deux, des chansons rock de haute volée.
Un jeu de guitare direct, parfois brouillon, parfois débrouillard. Mais que des riffs prenants, saccadés, syncopés, électriques, sueur, fièvre, bref les vertiges du rock. De toutes façons, il n'est pas (tellement) question de précision ou d'inventivité ici, mais bien d'efficacité, de qualité et de plaisir. Et ces critères, Jack & Meg White les comblent de manière inespérée.

Alors oui, les White Stripes ont encore les étincelles de leurs aînés les Stooges ou autres MC5 dans les yeux, mais ils connaissent le rock, ils savent très bien le jouer, sans fioritures, et c'est ce qu'on attend d'eux.


The White Stripes

White Blood Cells

White Blood Cells...

Un titre parfaitement choisi tellement cet album vous fait ressentir jusqu'au moindres extrémités de votre corps les vibrations de la guitare de Jack White et le fracas de la batterie de Meg White.

"Dead Leaves And The Dirty Ground" démarre cet album et, comme à leur habitude, les White Stripes nous amènent dans leur son si particulier. Ce morceau n'est pas sans ressemblance avec ce que font les Black Keys, et évidemment, la comparaison est facile, mais passons...

Le titre suivant "Hotel Yorba" est très dansant... On se croirait dans un saloon paumé dans le Far West du 19ème siècle. Je vois d'ici le revolver derrière les vestes en tweed et l'étoile du sheriff briller dans la nuit...

"Fell In Love With A Girl"... Pffioouuuuu tant d'énergie, impossible de rester assis et de ne pas tout exploser autour de soi... Il a l'amour violent ce Jack.

Le quasi a capella de Jack sur "The Union Forever" est tellement transcendant (le morceau en lui-même l'est aussi d'ailleurs) qu'il est impossible de ne pas tomber sous le charme de cette voix, brisée et hurlante.

Vient un peu après la puissance à vif et totalement débridée de "I Think I Smell A Rat". Un défouloir pour toute la haine que l'on peut ressentir, toute la rancoeur que l'on peut renfermer, la chaîne hi-fi crache autant qu'elle peut, fiouuu ça soulage...

"Aluminium", morceau crade et tellement bon à la fois... Encore un point commun avec les Black Keys.

"I Can't Wait", "Now Mary", et "I Can Learn", toujours dans le style White Stripes, et on en redemande encore et encore, riffs enivrants, mélodies transcendantes, voix démente....

L'album se fint sur un "This Protector" au piano, dénotant après cette avalanche de guitare et de batterie mais réussissant tout de même à coller à l'album par la violence de chaque note, et ponctuant de manière formidable un album qui l'est tout autant.


The White Stripes

De Stijl

J'ajoute cette chronique en 2004, et à ma grande surprise, je suis le premier à chroniquer cet album des Whites Stripes.

L'album s'ouvre sur "You're Pretty Good Looking (For a Girl)", immédiatement accrocheur. Jack White propulse à travers sa guitare une puissance que l'on prend de plein fouet ... dément. Simple au niveau des paroles (ça casse pas des briques, on peut pas dire le contraire ... Une ancienne expérience de Jack sans doute, une fille conne et plutôt pas mal... ??), on se laisse quand même ennivrer par son riff complètement porteur.
Suit "Hello Operator", où Jack nous montre furtivement son habilité à la guitare, (et où on entend que Meg serait aussi à l'aise à taper sur des casseroles que sur des tambourins, mais bon...). Un vrai morceau estampillé frère et soeur White (ah, ils sont frère et soeur ? Admettons...).
Les autres morceaux se suivent et l'on a du mal à quitter cette atmosphère propre à ce couple si fantastique. Chaque morceau transporte dans l'au-delà musical, et la qualité musicale de Jack y est pour beaucoup. C'est incroyable le nombre de sentiments que Jack est capable de nous transmettre à travers sa seule guitare ! (J'oublie volontairement Meg, sa participation dans l'album se limitant à quelques vocalises et à faire du boom-boom ... dommage...).

Quoiqu'il en soit, cet album est dans son ensemble magnifique, et la teinte folk de "Your Southern Can Is Mine" nous rappelle les origines des White Stripes, et lui ajoute ce petit quelque chose qui fait que les White Stripes sont, à mon goût, un groupe mythique.
Tout simplement sous le charme de ce duo.


The White Stripes

Elephant (préféré, forcement :mrgreen: )

Meg et Jack White n'ont pas renié le minimalisme de leurs débuts, alors qu'on leur promettait la gloire suite à l'innatendu succés de White Blood Cell. Au contraire : après avoir enregistré en quelques semaines sur un 8 pistes (plus personne ne fait ça à l'heure actuelle), sans l'aide d'ordinateur à la production, ils livrent ici un rock pur et brut qui refuse toute sophistication, tout maniérisme. Il s'agit de faire parler la poudre, ni plus, ni moins.

Il ne faut pas attendre longtemps pour apprécier toute la beauté de cet opus.
Le premier titre "Seven Nation Army", est une merveille : une ligne de basse tout simplement géniale (jouée par Jack en grattant à vide la première corde de sa guitare) d'une constance et d'une retenue contrastant avec des éclairs fougueux et déchaînés. Le résultat : un riff inoubliable qui fut un carton planétaire. On avait plus entendu de rock sur les ondes radio depuis fort longtemps.
La suite de ce nouvel album des White Stripes alterne les moments impétueux où Jack et Meg ne ménagent pas leurs instruments ("Black Math", "Ball and Biscuit"), et d'autres plus calmes, plus posés ("You've Got Her in Your Pocket").
Sur de délicates notes de guitare acoustique, la mignonnette voix toute timide de Meg sur "In The Cold, Cold Night" y fait naître une sensibilité aiguë à la limite de l'érotisme. Les relations hommes/femmes sont au centre de Elephant. Les gens le recherchent ("Hypnotise"), et en souffrent ("I Just Don't Know What to Do With Myself").
Sur "Well It's True That We Love One Another", sorte de dialogue surréaliste, Meg et Jack White semble jouer de l'ambiguïté de leur rapport : vrai-faux amants, ou bien frère et soeur ?! ...

Les Whites Stripes atteignent des sommets grâce à un rock abrasif, joué avec une énergie démentielle, au son crade et aux mélodies blues accrocheuses. Ça balance sec, c'est lourd et furieux. Tout le rock américain est ainsi revisité avec hargne et nonchalance, de manière phénoménale.

Cet album, qui écrasa la conccurence et eut le mérite de remettre le rock au goût du jour, fut le succés de l'année, et sans doute encore pour bien longtemps.


The White Stripes

Get Behind Me Satan

Après le carton phénoménal d' Elephant, et surtout du single "Seven Nation Army", tout le monde attendait les White Stripes au tournant. Vérification.

Introduction avec "Blue Orchid". Pas de doute, c'est du White Stripes : riff crado (quoique glam cette fois-ci), voix aigue, batterie violente et sexy... Mais l'efficacité est presque gênante dans le premier single de ce nouvel opus du duo. Sans parler de la ressemblance difficilement supportable du morceau avec le couinant AC/DC.
Fausse alerte : "The Nurse", avec son marimba surprenant et sa guitare virulente, remet les pendules à l'heure en démontrant une fois encore que les Rayures Blanches savent faire du neuf avec du vieux.
Les titres suivants confirment la maîtrise et la malice de la fausse fratrie, avec une utilisation jusqu'ici bien rare du piano, des harmonies vocales très sixties, et des ballades à la guitare acoustique.
Bien entendu, l'électricité n'a pas totalement déserté l'esprit de Jack White, comme le prouvent "The Denial Twist" et "Blue Orchid". Les White Stripes ont tout simplement compris que cette recette, bien qu'efficace, ne pourrait à ce stade que lasser et mener à un succès davantage commercial qu'artistique.

Ah, on reconnait bien la nos deux bougres !
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Message Mar 16 Mai 2006, 12:09

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The Libertines

Sorte de réponse anglaise aux Strokes, les quatre garçons londoniens de The Libertines offrent un mélange entre les Clash, les Kinks et The Jam et relancent le vielle adage "Sex, Drugs and Rock n'Roll".


The Libertines

Up The Bracket

The Libertines, disons le tout de suite, c'est LA hype. La question est de savoir de quand: maintenant? d'hier? de demain? Les trois mon général serait-on tenter de répondre. Car avec "Up The Bracket", les anglais de The Libertines viennent de livrer un album de grande classe, qui va faire beaucoup de bruit, aujourd'hui et demain donc.
Un album dont on reparlera avec envie dans quelques années quand nos gamins trouveront la vieille relique dans la collection de leurs papas et qu'ils se mettront à écouter ça du soir au matin. Un peu comme nous quand on a découvert le "In The City" des Jam ou le "London Calling" des Clash dans la collection paternelle.
En 37 minutes et 12 titres, le groupe étale toute sa rage punk. Une rage punk où les références sont évidentes: The Clahs et The Jam justement. La voix rappelle Mick Jones (par ailleurs producteur du disque) ou Paul Weller, et la musique, le meilleur des deux groupes menés par ces deux monstres sacrés.
Les références sont évidentes mais très bien assimilées et maitrisées, et les deux groupes pré-cités sont même parfois égalés (le génial "Up The Bracket", le magnifique et équilibriste "Horror Show").
Dans cet album, il y a de l'urgence de la part d'un groupe dont on a l'impression qu'il joue sa vie à chaque morceau.
En résumé, un grand, un très grand, un très très grand disque.


The Libertines

The Libertines

Alors que beaucoup de groupes actuels ratent quasi-systématiquement leur deuxième album (Strokes, Interpol,... la liste est longue), les Libertines sortent miraculeusement un disque bien meilleur que le précédent (déjà très bon). Miraculeusement car le groupe a surtout nourri pendant des mois les rubriques faits divers et potins de la presse. Franchement, on ne s'attendait pas, un, à un autre disque, deux, à un disque de ce niveau... Le premier titre est un chef-d'oeuvre, mélangeant Clash, Kinks, Smiths avec une fraicheur incroyable, ce "Can't Stand me Now" est porté par une émotion incroyable, la relation amour/haine entre les chanteurs/guitaristes Barat et Doherty a amené à cette merveille, mais aussi plus tard dans le disque a l'excellent " Likely Lads"... Entre ces deux poles, le groupe va cracher une dizaine de titres, parfois baclés, parfois sublimes, parfois rageurs, parfois poppys, plus ou moins bien joués, donnant un des disques de pop-rock les plus touchant des dernières années (toujours mis en son par Mick Jones des Clash). Si on excepte le très dispensable et pénible "Don't Be Shy", il est difficile, voire impossible, de resister à ce disque profondément humain, certes bancale par moment, mais capable de vous faire passer de l'envie de danser à l'envie de pleurer... tout ça produit par 4 branleurs anglais, qui l'eût cru ??

L'un des albums que j'ai le plus écouter ces dernières années ;)


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Baby Shambles

Après avoir mené les éphémères Libertines, Pete Doherty fonde Baby Shambles et poursuit le sillon creusé par son précédent groupe.


Baby Shambles

Down In Albion

Le remoulage de formules de groupes anglais cultes m'a toujours semblé trop flagrant chez ce groupe (mais ils l'ont fait plutôt bien et probablement mieux que la plupart des groupes d'aujourd'hui, on est d'accord) qui, surtout à cause de Pete Doherty, a fait pas mal fredonné les médias pour autre chose que leur art. Bien crispée fut donc ma moue lorsqu'on m'a proposé de chroniquer le début discographique -de longue durée- de Baby Shambles ...

Ils ont beau avoir galéré pour sortir quelque chose, les 16 titres de ce Down In Albion forment en premier lieu un disque à peu de chose près aussi long que les deux albums des Libs réunis : Il fait un peu plus d'une heure. On y découvre un univers à la fois beaucoup plus sombre et bordélique, là où les Libs semblaient quasiment donner dans le festif. Si les cinq minutes de "La Belle Et La Bête" ne sont pas à elles seules l'anéantissement de toute volonté de remâcher ou poursuivre le travail du groupe sabordé que certains espéraient, il est évident que ce premier titre reflète une oeuvre plus intime et torturée. Certes, les influences paraissent similaires, et un nombre incalculable d'éléments de l'ancien phénomène se retrouvent facilement (le titre "What Katy Did Next" est même un clin d'oeil familier) : De la voix (bien sûre !) aux rythmiques ou à la guitare pourtant ici plus brillante et moins envahissante, mais aussi les fausses fins comme le son de Mick Jones, ou la sensation voulue d'imperfection et d'inachevé. La gorge de Doherty trahie à ce titre l'état du chanteur, sait se faire classe ("Back From The Dead") comme abusée ("Pipedown").
Ces similitudes font beaucoup, mais Doherty a tout de même eu la présence d'esprit de pousser quelques limites jamais franchies auparavant avec Carl Barat : jusqu'à un peu de disco-rock sur "The 32nd Of December", jusqu'au reggae sur un "Sticks & Stones" incroyablement réussi (un des plus beaux morceaux avec "Up The Morning"), opposé à un "Pentoville" bâclé et inutile, ou encore jusqu'à un côté folk ensoleillé sur "Loyalty Song" ou minimaliste sur le dernier "Merry Go Round". Beaucoup de saveurs se mêlent ainsi à un son que l'on a déjà connu, tel le "Killamangiro" déjà diffusé ou le réjouissant single "Fuck Forever", gâché par son refrain aux accords mille fois utilisés. Le reste des titres aura un coefficient de plaisir élevé pour qui aimait Up The Bracket ou The Libertines, .

Sans révolution ni génie, mais pas sans intérêt ou agréables intentions, je me surprends finalement à porter beaucoup plus d'attention pour l'artiste et ce qu'il a fait dans le passé. Ici, c'est une oeuvre bancale et mal fichue remplie de paradoxes qui nous prouvent que, dans tous les sens du terme, Doherty et son groupe ont de la substance ...
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Message Mar 16 Mai 2006, 13:08

C'est bizarre mais The libertines j'ai jamais accroché, c'est sûrement du à la voix du chanteur car c'est primordial pour moi, si elle n'est pas au rendez vous alors j'accroche pas mais si musicalement c'est très bon.
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Message Mar 16 Mai 2006, 13:47

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The Zutons

Créé en 2002, The Zutons est un quintet originaire de Liverpool. Capables de mêler les influences les plus diverses à leur pop bondissante (funk, jazz ou soul...), The Zutons n'hésitent pas à apparaître sous les traits de zombies dignes des séries Z des années 50 !


The Zutons

Who Killed The Zutons ?

Voilà encore un groupe affublé du fameux "the", plutôt prolifique ces derniers temps.
Mais ceux-là s'écartent un peu de ce mouvement passagèrement à la mode, par leur look de mi-vampire/zombie des films de série Z des années 30 (du moins sur leurs photos officielles) et surtout pour leur électricité ambiante sur cet album qui regorge de tubes pop.
Les Zutons y vont sans ambages en déballant d'entrée trois merveilles, le brûlant "Zuton Fever", le single surexcitant plein de bon sens "Pressure Point" (qui n'a jamais ressenti ça ?) et "You Will You Won't", simple et efficace par ses choeurs entêtants.
Le saxophone survolté d'Abi Harding contribue grandement au groove diabolique jeté en pleine face dès le début de la galette. Mais les Zutons font plus de neuf que les autres grâce aux vocalises fabuleuses de David Mc Cabe, qui possède un timbre assez particulier pour des chansons ne sonnent pas déjà-vu.
L'album se rythme ensuite de balades telles que "Confusion" ou "Long Time Coming", ou même de chansons gypsy comme "Havana Gang Brawl" qui semble sortir tout droit d'un album de The Coral, leur collègue de label.

Les Zutons sont des bons, il faudra compter avec eux si on parle de la nouvelle génération rock car ils y donneront du leur et méritent cette place.



The Zutons sont devenus des zombies

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:lol:

Kaneda si tu aimes les chanteurs a voix, celui n'est pas mal ;)
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Message Mar 16 Mai 2006, 15:58

Les zutons, je suis un fan de la première heure, le chanteur a une voix, ça change de tous les groupes du moment où le chanteur n'a que pour seul talent de ne pas chanter faux
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Message Mar 16 Mai 2006, 17:49

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Nirvana

Formé en 1986 par Kurt Cobain et Krist Novoselic, et rejoint en 1990 par Dave Grohl, Nirvana a profondément marqué le début des 90's en redonnant officiellement au rock ses lettres de noblesses, à l'aide d'un rock dit "grunge", direct et efficace. L'histoire prit fin le 5 avril 1994 avec le décès de Kurt Cobain. :cry:

Nirvana

Bleach

Bleach est sans doute le moins connu et le plus sous-estimé des albums de Nirvana. Sorti en 1989 sur le label Sub Pop, on y retrouve aucun hymne qui fera le succès de Nirvana quelques années plus tard. Composé de Kurt Cobain, Chris Novoselic, Chad Channing et Jason Everman, le groupe balbutie encore une musique grunge voire punk ou garage, qui allait devenir sa marque de fabrique.
On peut pourtant dire que c'est avec Bleach que tout a commencé. Des morceaux tels "School" ou "About A Girl" seront joués quasiment à chaque concerts. Bleach est un album simple, efficace, plus punk que grunge, mais finalement indispensable et qui fera encore bouger des chevelures un peu partout.
Seul bémol peut-être, l'absence sur ce disque de Dave Grohl, l'homme qui devrait ouvrir des écoles de batterie à droite à gauche. Les chemises de bûcherons et les converses ont encore de belles années devant elles.


Nirvana

Nevermind (hoooooo, ce disque :chapeau: )

Il y a des albums qui marquent toute une génération... des albums que l'on gardera toujours sur sa table de chevet... que l'on sortira de temps en temps, histoire de se rappeler une époque... de bons vieux souvenirs... Des albums comme "Appetite For Destruction" des Gun's, pour les années 80 (et oui, je l'admets j'adore cet album)... et puis "Nevermind", pour les années 90... S'il ne fallait en citer qu'un, ce serait celui-ci. Les années 90 symbolisées par ce bébé déjà attiré par l'appât du gain... le grunge dans toute sa splendeur, avec le méchant "Smells Like Teen Spirit" en intro, qui apparaissait dans toutes les soirées, histoire de faire pogoter, et de foutre un peu d'ambiance. Son "Come As You Are" et son intro à la guitare très mélancolique, que tout le monde voulait savoir jouer... Les magnifiques "Lithium", "On A Plain"... mais bon tout le monde les connait... La recette était simple : des chansons aux paroles mélancoliques, avec de grosses guitares, un chanteur charismatique à la mélodie facile, des accords de guitare basiques, et on obtient un album incontournable... le dernier grand album avec le "Ok Computer" de Radiohead... A quand un album aussi mythique?????


Nirvana

In Utero

Qu'on le veuille ou non, Nirvana est LE groupe des années 90, celui qui a su redonner au rock son coté sale, voire malsain, et direct. In Utero ou comment retrouver le coté viscéral de la chose rock, perdu dans les égouts progressifs et synthétiques bas de gamme des années 70 et 80. Au moment ou cet album sort, Nirvana est devenu quelque chose d'énorme, le groupe déjà culte d'une génération entiere, celle des 12-25 ans mals dans leur peau. C'est un peu caricatural et pourtant...quel événement et quel drame a été l'annonce de la mort de Cobain! Mais revenons à la musique. In Utero est le successeur de Nevermind, plus ou moins renié par Cobain, celui çi le trouvant trop lisse, voire trop pop. La faute à Butch Vig, producteur de l'époque? Ou au succès inattendu qui traumatise le leader du groupe de Seattle? Peu importe, c'est en tout cas sur Steve Albini que se porte le choix du combo grunge pour donner naissance à In Utero, qui réussit à sortir sur disque le son rageur et violent caractérisant Nirvana en live. Le résultat est particulièrement rentre dedans, rappelant le fameux Bleach des débuts, la maturité en plus. Cobain déverse ses paroles torturées et glauques (My shit is her milk, her milk is my shit) sur des mélodies tranchantes et sales, admirablement soutenues par les deux faire valoir Novoselic et Grohl, au sommet de leur forme. Les seules plages de douceur sont passées au vitriol (All Apologies et Dumb, superbes) et équilibrent l'ensemble, sacrément hargneux. Kurt Cobain était certainement plus un junkie dépressif qu'un songwriter génial (ce qu'on a souvent prétendu pour entretenir son culte) mais il savait mieux que personne déballer ses tripes au grand jour pour mieux remuer les notres, et ç'est là la marque des plus grands.
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Message Mar 16 Mai 2006, 17:55

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Pixies

Formé en 1987, les Pixies sont tout simplement un groupe mythique.
Composé par Black Francis (guitare/chants), Mrs John Murphy (alias Kim Deal après son divorce en 1988, basse/chants), Joey Santiago (guitare) et David Lovering (batterie), ce groupe américain va distiller pendant près de 6 années un rock inspiré, sulfureux, énergique et novateur, à travers 5 albums et une dizaine de EP, quasiment tous incontournables. C'est sans doute à l'aube d'un succès gigantesque qu'ils splittèrent en janvier 1993 ; Black Francis devint Frank Black, et Kim Deal continua the Breeders...
Les Pixies se reforment en 2004 dans le cadre d'une tournée mondiale.


Pixies

Surfer Rosa

Encore un chef-d'oeuvre ! Ah ces Pixies, alors...
Qu'est-ce qu'on vous sert, aujourd'hui ?
- Du punk-rock de déglingo à l'inspiration divine ? Vous avez l'embarras du choix : l'excellent "Something Against You", le terrible "Broken Face", l'inénarrable "Tony's Theme", ou bien encore "Oh My Golly!", "Vamos", "I'm Amazed".
- Des balades torturées au son incroyable et à l'ambiance déroutante ? Nous vous proposons le sulfureux "Brick Is Red" et le bijou "Where Is My Mind ?".
- Envie d'un peu tout à la fois ? Rock / Punck / Inclassable ? Là, vous allez être servi : les frissonnants "Gigantic" et "Bone Machine", les très dark-groove-stress "Break My Body" et "Cactus", le dirt-fly oppressant "River Euphrates"...
Vous avez fait votre choix ?


Pixies

Doolittle

"Doolittle" et ses 15 titres frais et sulfureux s'avèrent aussi fameux qu'incontournables.
Le véritable tube qu'est "Debaser" ouvre les hostilités, avec son groove décapant et sa bonne humeur jeune et fraîche. Puis l'excellent et punky "Tame" déchire tout, entre rage et tension nerveuse à fleur de peau, auquel s'enchaîne le terrible "Wave Of Mutilation", morceau hybride de punk sale et de ballade hawaïenne malsaine. "I Bleed" remet une couche de tensions oscillant entre bonheur crado et mal-être chronique, tandis que la ballade bon-enfant "Here Comes Your Man" apaise avec ses mélodies bienfaitrices et son tempo serein. Puis le délicieux "Dead" revient à du punk-rock aux arrières goûts de soufre, suivi par le splendide "Monkey Gone To Heaven", voyage intemporel dans un monde où règnent mélancolie, rage enfantine et folie douce. On fait alors la connaissance de "Mr Grieves", gars bien sympa, optimiste et excité, qui nous présente lui-même le furieux qu'est "Crackity Jones", véritable psychopathe de punk mexciain. Suivent le très surf "La La Love You" qui allie avec brio romantisme et groove tranquille, et "No. 13 Baby", sulfureux et tendu comme jamais. "There Goes My Gun" fricote aussi bien avec l'étrange qu'avec une sorte d'énergie mystique, tout comme "Hey" qui rappellerait une ballade aux pays des frustations et des regrets. Enfin, l'ésotérique "Silver" pourrait être la musique sacrée d'un rite sacrificiel indien, tandis que le très bon "Gouge Away" conclut cet album avec groove, tension et explosions.
"Doolittle" est un grand classique.


Pixies

Bossanova

"Bossanova" aurait pu être aussi énorme que les 4 autres albums des Pixies...
Ca démarre super bien pourtant : "Cecilia Ann", morceau instrumental puissant et inspiré au bon gros son, enchaîné avec un "Rock Music" (trouvé derrière un tas de bois) de derrière les fagots, ultra saturé et ultra punk qui déchire tout... Voilà. Après, ça dérape complet : à part quelques assez bons morceaux vaguement inspirés ou efficaces ("Allison", "Dig For Fire", "Blown Away"), le reste est gentillet, voire niais, avec souvent un son médiocre.
Les Pixies nous avaient habitué à des recueils de puissance, d'efficacité, d'émotions et d'inspiration : "Bossanova" est malheureusement loin de tout ça.


Pixies

Trompe Le Monde

"Trompe Le Monde"... Dernier album des PIXIES, au titre français. Le dernier... snif
C'est aussi le titre du premier titre, excellent, et qui résume bien toutes les ambiances et les ingrédients que l'on peut trouver par la suite... Allez hop : tous les morceaux sont, sans exception, véritablement géniaux, inspirés, émouvants, imaginatifs. Un son incroyable, des émotions, de la puissance, de l'énergie, de l'espoir, du rêve, de la mélancolie, de la rage ? Du génie ? En veux-tu en voilà, yaka demander !


Surfer Rosa et Doolitle :shock: Grosse claque dans la gueule !!!
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Message Mar 16 Mai 2006, 18:23

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Sonic Youth


Thurston Moore, Kim Gordon, Lee Ranaldo, Steve Shelley et désormais Jim O'Rourke sont les membres de ce groupe culte et majeur, originaire de New-york. En vingt ans de carrière, menée sans aucune baisse de régime, le groupe a mélangé expérimental, jazz, improvisation et autres musiques élitistes au rock, ouvrant la voie à beaucoup d'autres, notamment dans l'acceptation de la dissonance.
A l'automne 2005, Jim O' Rourke annonce lui même la fin de sa collaboration avec Sonic Youth, sans exclure pour autant de retravailler en studio avec le combo dans l'avenir.


Sonic Youth

Confusion Is Sex

Quasiment vingt ans après sa sortie, "Confusion Is Sex" reste un disque impressionnant. Le son de l'ensemble est unique, à la fois sale et angoissant. La majorité des titres sont tribaux et hypnotiques. Le groupe alterne ici plages expérimentales et morceaux rageurs, à l'image d'une reprise ultra noisy du "I Wanna Be Your Dog" des Stooges. Sur des titres comme "Inhuman" ou "Confusion is Next", Sonic Youth mélange ces deux facettes pour un résultat d'une sauvagerie marquante. Ce disque nihiliste et sans concession est une oeuvre unique, une des seules dont le groupe soit encore fier aujourd'hui.

Sonic Youth

Bad Moon Rising

Troisième album de Sonic Youth, "Bad Moon Rising" oscille allègrement et ingénieusement entre no-wave, punk, post-trash et rock expérimental.
"Intro", magnifique harmonie de guitares lancinantes, introduit le très noir "Brave Men Run (In My Family)" oscillant entre folie explosive et bien-être aberrant, avec son groove implacable et inquiétant, ses guitares émouvantes et tendues. S'enchaînent le glauque et pesant "Society Is A Hole", au calme fragile et dérangeant, et le terrifiant "I Love Her All The Time", entre déclaration d'amour trash et cauchemar romantique apocalyptique. Puis "Ghost Bitch" peint un paysage larsennique inquiétant, avant de balancer sa dynamique maudite et impitoyable, prolongée dans le douloureux et terrifiant "I'm Insane". Le voyage sonique se poursuit dans l'au-delà, avec le troublant "Justic Is Might", perforant et perfide. C'est alors que l'inimaginable se produit : le chef-d'oeuvre de tension et de groove, de puissance et d'appréhensions, de peur et d'énergie, d'angoisse et de dynamique, l'inénarrable "Death Valley '69" chantée avec Lydia Lunch, chanson machiavélique à la force surhumaine. Le cauchemar devient mystique, avec "Satan Is Boring", morceau brûlant venu du fin fonds de l'enfer. On refait surface sut Terre, avec "Flower", d'où jaillissent tension féminine et malaise intestinal infernal. Heureusement pour notre santé mentale et nos nerfs, un semblant de calme apparaît, avec l'étrange mais bienfaiteur "Halloween". Mais c'est finalement le terrifiant "Echo Canyon", mauvais rêve sonique, qui conclut "Bad Moon Rising" dans une tension surprenante et malsaine.
"Bad Moon Rising" est un réel chef-d'oeuvre : terrifiant, innovant, surprenant, inquiétant... à l'image de sa pochette

Sonic Youth

Evol

"Evol" est le quatrième album de Sonic Youth, et le premier pour Steve Shelley (le batteur).
L'excellent "Tom Violence", mélancolique, dynamique et émouvant, nous introduit dans le monde hétéroclite et inquiétant d' "Evol". Puis "Shadow Of A Doubt" balance tranquillement son angoisse lancinante, tandis que "Starpower", au groove froid et efficace, hésite entre espérance fragile et tristesse inavouée. "In The Kingdom #19" est un surprenant et efficace morceau de free-noisy-rock, sur lequel Lee alterne à merveille vers parlés et chantés. C'est alors que l'angoissant et dissonnant "Green Light" surgit, tel un démon sonique jaillissant de sa boîte à supplices, comme pour souhaiter une "Death To Our Friends", instrumental tragique et groovy, comme étant la fin inévitable d'un course-poursuite endiablée et incontrôlable. "Secret Girl" est magnifique, entre désespoir larsenique et romantisme expérimental, tandis que "Marilyn Moore" tatonne dans les méandres soniques d'un esprit lent et torturé. Soudain, le grandiose "Madonna, Sean And Me" (qui n'est autre que le fameux "Expressway To Yr. Skull")perce le désespoir de l'humanité dans une magnifique explosion, après une tension haletante éreintante. Enfin, le rigolo et rock'n'roll "Bubblegum" clôture "Evol" comme un cheveu sur la soupe, mais dans la joie et la bonne humeur.
Conclusion : on trouve dans "Evol" du tout bon des 3 albums précédents de SY, mais aussi (et ce, en exclusivité !) du tout bon des 2 suivants... Bref, "Evol" vraiment très bien, et loin, et puis longtemps, en plus...

Sonic Youth

Sister

Succédant à l'intrigant "Evol", "Sister" voit Sonic Youth développer un superbe sens mélodique associé à leur recherche sonore. Le titre phare du disque, "Schizophrenia", restera comme l'un des sommets de la carrière du groupe, où SY nous montre comment passer d'une magnifique chanson pop à une orgie sonore. Certains titres comme "White Kross", "Catholic Block" ou "P.C.H", associent rage et dissonnance dans des orgies de guitares accordées de façon peu académique. L'ambiance du disque est plutôt perturbente, sonnant comme un disque gothique et noise à la fois. Le grain du son est si particulier qu'il laisse toujours perplexe même 15 ans après. SY devient avec ce monumental album un groupe capable autant d'émouvoir que d'épater par ses expérimentations, à l'image du magistral "Tuff Gnarl" et sa fin brutale, ou du duo Gordon-Moore sur "Kotton Krown".

Sonic Youth

Ciccone Youth The Whitey Album

Sonic Youth, avec "Ciccone Youth The Whitey Album" propose une alternative, un produit sonique résolument différent. De quoi ? De tout.
Pour certains, "Ciccone Youth The Whitey Album" est une vaste blague, ou un foutage de gueules, ou encore carrément une erreur discographique. Pour d'autres, "Ciccone Youth The Whitey Album" est une expérience intéressante et enrichissante, une sorte de disque concept décalé et osé.
En effet, les 17 plages (de sable fin) que comportent ce disque mélangent allègrement expérimentation sonique de toutes sortes, que ce soit sur le fond (morceaux ambiants, silences, mais aussi des reprises de Madonna !) ou sur la forme (guitares et larsens, mais aussi électronique et boîte à rythmes). Du tube "Mac Beth" terriblement groovy et inquiétant à une revisite de "Making The Nature Scene", en passant par "Into The Groovey" et "Addicted To Love", énormes tubes disco-grunge-lofi, "Ciccone Youth The Whitey Album" éveille tous les sens, et déchire tout, tout simplement.
Un hommage à Madonna ?

Sonic Youth

Daydream Nation

Ce disque est un tournant dans la longue discographie du groupe. Non seulement il est le dernier à sortir sur un label indépendant, mais surtout il semble clôturer un travail de 7 ans de carrière. "Daydream Nation" est un impressionant monolythe où l'on retrouve le sens mélodique de "Sister", l'ambiance froide et l'unicité qui régnaient sur "Bad Moon Rising", et bien évidemment l'expérimentation sonore propre au groupe. Le titre d'ouverture "Teenage Riot" est un chef d'oeuvre mélodique et laisse place à un enchaînement de morceaux bruts et noisys, comme "Silver Rocket" et "Eric's Trip", et de longues plages atmosphériques comme "The Sprawl". L'utilisation du larsen est ici magnifiée, et le disque restera comme une référence de son utilisation comme créateur d'ambiance malsaine. L'apogée du disque est la trilogie finale de 14 minutes qui peut résumer le travail effectué ici et qui clôture la première période du groupe par le violent "Eliminator Jr". La suite sera plus rock.

Sonic Youth

Goo

Album de transition, Goo est aussi le premier album de Sonic Youth sur une major. Le groupe propose ici onze morceaux de grande qualité, mais qui semblent avoir du mal à construire un véritable ensemble comme le groupe avait l'habitude de le faire sur ses précédents albums. En effet, on trouve ici deux catégories de morceaux. Des titres comme le très sombre "Cinderella's Big Score" ou l'émouvant "Mote" et sa fin tout en larsen, auraient eu largement leur place sur Daydream Nation. "Dirty Boots", "Mary Christ" ou le groovy "Kool Thing" ouvrent le nouveau style du groupe, qui laisse une grande place à des structures plus simples, plus rock, et qui sera transcendé sur l'album suivant (Dirty). Chaque morceau est une merveille, mais collés bout à bout, l'ensemble paraît déséquilibré, à moins que cette impression ne vienne du son plus neutre et classique que d'habitude...

Sonic Youth

Goo Demos

Pas très contents du son général (gaaarde à vous !) de "Goo", les membres de Sonic Youth décidèrent de sortir les démos de cet album via leur fan-club, le Sonic Death.
Et c'est ainsi que ce "Goo Demos" est né : avec un son moins pur et plus crade, plus proche des oeuvres "Sister" ou "Daydream Nation", les chansons toutes excellentes de "Goo" perdent peut-être en puissance, mais y gagnent en fraîcheur, en spontanéité, en esprit indé ou parfois même renaissent. On trouve donc sur ce "Goo Demos" : "Tunic", "Number One" alias "Disappearer", "Titanium Exposé", "Dirty Boots", "Corky" alias "Cinderella's Big Score", "My Friend Goo", "Bookstore" alias "Mote", "Animals" alias "Mary-Christ", "Dv2" alias "Kool Thing", "Blow Job ?" alias "Mildred Pierce", l'instrumentale inédite et non moins excellente "Lee #2", et enfin "Dirty Boots (Single Edit)".
Bref, un super disque, digne de l'album original "Goo", à la fois semblable et différent. En tout cas incontournable.


Sonic Youth

Dirty


Avec ce deuxième album sur Geffen, Sonic Youth enfonce le clou planté avec "Goo", et signe l'album rock ultime. Produit par Butch Vig, "Dirty" a un son énorme et écrase la concurrence noise rock de l'époque, de Nirvana au Smashing Pumpkins. Sonic Youth épure son style au maximum, laisse au placard les structures complexes, et fait hurler les guitares. La dissonance est ici alliée à une efficacité rock jamais entendue chez eux, sur des titres comme "100%" ou "Drunken Butterfly". Sonic Youth n'oublie pas pour autant sa facette malsaine sur "Theresa's Sound World", "JC", ou le très glauque "Shoot", où la voix de Kim Gordon se fait poignante. Le groupe se paie même le luxe de composer un tube pop-rock, le génial "Sugar Kane". On retouve deux titres composés sur la tournée de 1991, le ravageur "Orange Rolls, Angel's Spit" et "Chapel Hill", magnifiés par un son qui faisait défaut sur "Goo".
Sonic Youth se montre ici vraiment convaincant, dans un registre moins expérimental, et distille une énergie digne des meilleurs groupes de punk-rock, comme sur l'hymne anti-faschiste "Youth Against Fascism", où officie Ian Mackaye de Fugazi à la guitare.

Sonic Youth

Experimental Jet Set, Trash And No Star

Deux ans après le fabuleux et ultra-sonique "Dirty", Sonic Youth sort "Experimental Jet Set, Trash And No Star" au titre explicite et à la pochette interactive.
Finies les saturations à tout-va (au charme et à l'efficacité pourtant indéniables) : avec "Experimental Jet Set, Trash And No Star", Sonic Youth pèse ses sons, modère son usage des murs sonores pour affiner sa musique vers une voie plus hétéroclite, à base de rock, de punk, de larsens et d'expérimentations bruitistes, mais aussi de jazz, d'acoustique et de recherche sonore fondamentale. Du coup, les morceaux d' "EJS,TANS" sont variés dans tous les sens du terme : variations des structures, variation des sons, variations des ambiances, variations des concepts, variations des arrangements.
Du jazzy "Winner's Blues" à la mélancolie sereine au rock-émotionnel "Sweet Shine", en passant par le tube tendu et groovy "Bull In The Heather" ou le punky-expérimental "Screaming Skull", Sonic Youth assure, entre continuité et renaissance.
Du tout bon.

Sonic Youth

Washing Machine

Avec "Washing Machine", Sonic Youth investit dans l'électro-ménager. Et apparemment, ça leur réussit !
Et oui, leur nouvelle machine à laver est magique : en plus de laver le linge, elle envoie des ondes mystiques, véritable source d'inspiration inaltérable et inattaquable. Du coup, les 11 titres de "Washing Machine" sont grandioses et diversifiés : ambiances tour-à-tour apaisantes ou obnubilantes, sereines ou nerveuses, sons purs ou torturés, expérimentaux ou décalés, mélodies tragiquement efficaces, à la fois étonnantes de simplicité et d'originalité... Tout est agencé à merveille, avec en prime une diversité d'esprit (punk, rock, free-jazz...) richissime mais discrète, omnichangeante et complémentaire. Du surprenant "Becuz" au réellement magnifique et débordant "The Diamond Sea" en passant par le mélancolique "Little Trouble Girl" (avec Kim Deal aux choeurs), Sonic Youth excelle et se renouvelle, surprend et charme, innove et déchire.
Indéniablement, Sonic Youth est un groupe mythique... et entre autres parce qu'ils ont réussi à transformer la corvée d'une lessive en un bonheur jouissif.

Sonic Youth

A Thousand Leaves

Sorti en 1998, "A Thousand Leaves" comporte 11 morceaux splendides.
En effet, Sonic Youth, c'est comme du bon vin : avec le temps, ça se bonnifie, ça devient plus suave, moins âcre, moins racleur, mais tout en gardant son goût original et si unique. Ainsi, "A Thousand Leaves" est un recueil de morceaux toujours charmants, souvent géniaux, oscillant entre expérimentation légère et ingénieuse, groove jazzy ou punky, rock émouvant ou déchirant, ambiances aériennes et sinusoïdales ou tendues et rageuses, à l'efficacité et à l'ingéniosité implacables.
Bref, avec "A Thousand Leaves", Sonic Youth continue son épopée folle et unique, avec évolution et intégrité, avec ingéniosité et fraîcheur.

Sonic Youth

SYR 4 : Goodbye 20th Century

Il faut vraiment s'appeller Sonic Youth pour oser sortir un album comme celui-là. Quels génies ces types. Il faut le faire pour sortir un album comme celui-là, même si je me répète. Sortir un album de reprises de musiques classique contemporaine, en 1999, quand on s'appelle Sonic Youth, relève de l'exploit. On pourrait aussi craindre que le tout soit totalement raté. Non, en plus, les Sonic Youth, qui ont invité pour l'occasion tout un tas de gens, dont la fille de Kim Gordon et Thurston Moore, Coco Hayley Gordon Moore, se payent le luxe de réussir leur album et à faire ... du Sonic Youth malgré tout. Et pourtant, prenez un anonyme dans la rue, et faites lui écouter des extraits de Confusion Is Sex, Washing Machine, SYR 4 et Sonic Nurse et demandez lui si elle pense au même groupe, et vous aurez très certainement une réponse négative. Et pour cause, tant ses albums sont différents : malgré tout Sonic Youth a une cohérence impressionante dans sa discographie. Cet album ne déroge pas à la règle, malgré le fait que les morceaux ne soient pas composés par Sonic Youth. On a l'impression que les Sonic Youth se sont donnés à fond dans ce projet, avec passion, pour rendre un hommage à ce style de musique (et au vingtième siècle au passage, comme l'annonce le titre). Ils peuvent être rassurés, car l'hommage est réussi. On est tout de suite destabilisé (mais c'est le cas sur tout les SYR) par ce design étrange, cette pochette psychédélique, et cette phrase au dos du disque : 'Everything comes to an end ... even the twentieth century'. Ouvrez le disque et placez le disque A sur votre platine. Vous êtes tout de suite immergé dans l'atmosphère troublante du disque qui vous poursuivra pendant plus de 100 minutes au total ... Mais ne vous attendez pas pour autant à avoir l'écoute facile : ici on ne sait jamais ce qui va se passer la seconde d'après, quel instrument, quelle percussion, quel son pourrait surgir de derrière un mur. Le disque prend aussi un malin plaisir à vous surprendre par un changement radical, comme à la fin de "+-", lorsque vous tombez sur cette pièce de Yoko Ono qui dure 12 secondes, hurlée par le fille de Kim Gordon et Thurston Moore. Le disque A se termine sur le magnifique "Pendulum Music". Le disque B s'avère encore plus destructuré, plus chaotique que le A. La perle de l'album se trouve sur ce disque, il s'agit du "Four6" de John Cage. Le chaos tout simplement, votre seul guide dans cette exploration musicale de 30 minutes sera la voix de Kim Gordon résonnant par endroit par des phrases simples : 'Let's go let's go let's go ...' ou 'Lalalalala ...' Inquiétant et magique. Juste après vient certainement le morceau le plus étrange du disque : "Piano Piece #13", dont vous avez d'ailleurs une vidéo sur le disque A. Le groupe s'y applique tout simplement ... à détruire un piano, touche par touche, avec des marteaux et des clous. Après cette pièce, comble de l'audace, Lee Ranaldo et William Winant jouent une comptine pour enfants sur un xylophone ... Vous savez maintenant à quoi vous attendre avec ce disque. Sur la pochette se trouve en haut à droite un texte qui résume très bien : "Musical Perspectives". Sur Amazon, un utilisateur a placé ce disque en tête d'une liste nommée 'Le meilleur de l'inaudible'. Ce terme est à la fois correct tant le disque diffère des productions plus 'classiques' et en même temps très réducteur car le disque vaut bien plus de se réserver à un seul mot. Une question subsiste après l'écoute du disque : pourquoi plus de SYR 4, plus de Hidros 3 ne sortent-ils pas ? La réponse est surement que ces disques ne sont pas assez vendeurs ... malheureusement. Tant pis, allez, on relance le disque A.

Sonic Youth

Nyc, Ghosts And Flowers

Injustement décrié lors de sa sortie, cet album est la première collaboration pour un disque non expérimental de Sonic Youth avec Jim O'Rourke, qui produit et joue sur deux morceaux. Le travail de production est sublime et met en avant ces huit titres aux structures simples, des montées pour l'essentiel. Ici on privilégie les ambiances et l'émotion brute aux structures alambiquées du précédent "A Thousand Leaves" : '"Free City Rhymes" est un morceau poétique, la rage de "Renegade Princess" n'est pas sans rappeler "Death Valley '69", "Small Flower Crack Concrete" est un improbable mélange entre Slint et Sonic Youth, "Side2side" est un retour réussi à la période "Confusion Is Sex". Précédent la plage expérimentale finale ("Lightnin'"), "Nyc, Ghosts And Flowers" est sûrement le plus émouvant morceau écrit sur New York, où la voix de Lee Ranaldo prend toute son ampleur.
Encore un grand disque du groupe pourtant détruit par une certaine presse qui s'intéresse à des oeuvres beaucoup plus dispensables.

Sonic Youth

Murray Street

Deux ans après le très tendu "Nyc, Ghosts And Flowers", Sonic Youth revient en quintet pour un album qui risque de décevoir certains fans lors des premières écoutes. Le groupe semble avoir délégué la recherche expérimentale à d'autres, et préfère se concentrer sur des morceaux d'apparences moins recherchées.
Le disque s'ouvre sur une sublime chanson pop-rock, "The Empty Page", rarement entendue chez Sonic Youth. Le deuxième titre est tout aussi calme et lorgne du côté de Neil Young. "Rain On Tim" est un quasi instrumental rappelant la période "A Thousand Leaves". "Murray Street", deuxième volet de sa trilogie New-Yorkaise, fait d'ailleurs penser dans son ensemble à une version plus spontanée de "A Thousand Leaves", joué tout en retenue. Le groupe continue dans la chanson pop-rock sur "Karen Revisited", magnifiquement chanté par Lee Ranaldo ; une cassure a alors lieu dans le disque, qui va montrer Sonic Youth prendre des risques à nouveau. Le morceau de Ranaldo se finit en longue plage expérimentale et ouvre la voie aux trois derniers titres. "Radical Adults Lick Godhead Style" est un titre vicieux où des saxos free viennent se greffer sur un morceau très rock. "Plastic Sun" voit enfin l'arrivée de Kim Gordon au chant pour un titre court et rageur rappelant feu Free Kitten. Pour clôturer cet album sage mais intelligent, Sonic Youth sort le grand jeu avec le passionnant "Sympathy For The Strawberry". Kim Gordon vient poser un chant émouvant sur un canevas de recherche sonore, riche et subtile, où apparaissent notamment des sons de claviers inédits chez SY. Le morceau finit par monter mais évite habilement l'explosion attendue.
"Murray Street" finit par convaincre et Sonic Youth emporte les suffrages une fois de plus.

Sonic Youth

Sonic Nurse

Qu'attendre de nouveau chez Sonic Youth ?????
Après 3-4 albums fondamentaux, une carrière quasi-exemplaire et un sérieux essoufflement depuis près de 10 ans, qu'attendre donc de nouveau de Sonic Youth ???? A vrai dire pas grand chose sinon rien. Bon, on pouvait, à la rigueur, voir un petit mieux avec Murray Street, album franchement mou du genou qui nous laissait sur notre faim notamment à cause d'une production plus que faiblarde (on aurait cru un retour de l'atroce Butch Vig aux manettes). Comparé aux désastres qu'étaient NYC Ghosts & Flowers et A Thousand Leaves, Murray Street paraissait presque bon. C'est donc avec une réelle appréhension qu'on commence Sonic Nurse et là, oh étonnement, on est agréablement surpris. Bon, si ce n'est pas du niveau de Washing Machine (dernier grand album en date de SY ), ça a tendance à s'en rapprocher sérieusement.
Alors, première bonne surprise: retour de Kim Gordon au premier plan, et ce, dans des morceaux relativement calmes lui convenant parfaitement et un "I Love You Golden Blue" épatant, qui la voit se muer en Birkin.
Deuxième bonne surprise, les compositions: Plus reserrées (entre 4 et 8 minutes pas plus), plus calmes, beaucoup plus pops qu'à l'accoutumée comme s'ils osaient enfin se débarasser de leur encombrant patronyme, n'être quasiment plus soniques et encore moins jeunes. Bref, assumer enfin leur âge.
Et enfin troisième bonne surprise: la production. Plus dépouillée, plus sèche, elle sert énormément les chansons (contrairement, par exemple, à Dirty qui n'avait de sale que le nom et était gâché par une production trop léchée, un son trop propre).
En bref, ils ont réussi, sur cet album, à trouver un équilibre qu'ils cherchaient depuis près de dix ans. Sonic Nurse c'est un peu Sister, Evol et Daydream Nation rejoués de manière plus posée, sans l'urgence. Ce n'est certes pas révolutionnaire (mais ça ne l'est plus depuis longtemps) mais c'est très très agréable, comme si on retrouvait un ami qui s'était égaré, qu'on avait perdu de vue. On se prendrait presque à espérer qu'en plus il redevienne intéressant. Vivement le prochain album qu'on en sache plus sur ce retour quasi-inespéré.


Sonic Youth


[Mats Gustafsson With Sonic Youth & Friends] Hidros 3 (To Patti Smith)

Réalisé en collaboration avec Mats Gustafsson, ce Hidros 3 va faire du bruit, et ce de deux manières différentes. D'une part parce que les fans de Sonic Youth seront partagés : album éxpérimental génial pour les fans les plus accros, gros foutage de gueule pour ceux qui ont du mal avec certains disques du groupe.
D'autre part parce que ces 9 plages sans véritable titre, ne sont que bruit ...

Difficile de trouver la moindre mélodie dans cette tambouille, il s'agit d'un disque ambiant, à classer à coté du Metal Music Machine de Lou Reed. On voit mal les musiciens répéter pour une telle musique : de l'impro, au delà du freestyle, du n'importe quoi ... Le son qui sort de cette bonne heure ne traduit aucune émotion, juste un sentiment de malaise semblable au vertige tant le rythme, l'harmonie ou la chanson même en sont absents (pas de batterie ni de véritable chant).
Sensation renforcée par des apparitions de la voix de Kim Gordon qui, si elle est égale à elle-même, se complaît dans un chant totalement affranchi de son accompagnement, en ruminant n'importe quelle mélodie sans tempo apparent. Comme si elle enregistrait ses mots lors d'une grosse cuite ... faut oser !
Du coup, on ne sait trop quoi penser de ce CD tordu proche de certaines productions solos de Thurston Moore, où il n'est même plus question de la musique du groupe et de la dissonance, plutôt de traitement sonore (il est certain que cet album ne sera jamais représenté sur scène). Il faut vraiment être enthousiaste pour se taper un tel album (et je suppose que toute personne qui l'achète doit se sentir un minimum arnaquer).

Sonic Youth

SYR 6 : Koncertas Stan Brakhage Prisiminimui

La sixième cuvée de 'Sonic Youth Recording' arrive enfin sur nos platines.
Certains espéraient quelques extraits des concerts donnés en compagnie de Brigitte Fontaine, mais ce volume se limite à la prestation donnée le 12 avril 2003 avec le batteur/percussionniste Tim Barnes.
Pas de quoi se rouler par terre, mais 65 minutes de Sonic Youth abstrait et dissonant à souhait, avec une qualité d'enregistrement impeccable. Le concert est découpé en 3 pistes : une première dans la tonalité des premiers albums, une seconde plus proche des autres SYR avec la voix de Kim Gordon, puis un final très bruitiste. La présence des percussions de Barnes est très intéressante et évoque parfois Pink Floyd période Ummagumma.
Un disque peu accessible pour ceux qui ne sont pas acclimatés à la face expérimentale du groupe, mais une pièce de choix pour ceux qui ont apprécié les 5 précédents volumes de la série.


Favoris dans tout ca ?

Sister, Goo, Dirty, A Thousand Leave et surtout Daydram Nation 8)

La classe ce groupe, LA CLASSE :chapeau:
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Message Mer 17 Mai 2006, 10:09

Bon Nirvana c'est un classique et effectivement Nevermind est un album génial bien que pendant un temps on en a vraiment rop soupé mais maintenant que la folie est retombée ça fait du bien de le réécouter.
Mais j'ai quand même un faible pourl'unplugged qui a aussi un côté magique je trouve.

Sinon Sonic Youth, je peux pas blairer... mais bon les goûts et les couleurs... Les pixies, j'ai jamais trop accroché mais j'ai pas top fait d'effort pour écouter non plus je dois dire.

Sinon au début je n'aimais pas trop, mais je me suis aperçu que l'album de kill the young quand on zappait les 2 premiers titres étaient vraiment très bon en fait :mrgreen:

T'as essayé ?

Sinon je me suis mis l'album de hard fi ce matin en voiture, ça a l'air de cartonné outre manche, mais ça m'a eu l'air bien naze... je vais réécouter ce midi pour voir mais bon...
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Kaneda Ayoshi
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Message Mer 17 Mai 2006, 10:40

C'est vrai que j'aurai du rajouter l'unplugged pour Nirvana (le titre Where Did you Sleep Last Night me fout des frissons à chaque écoute)

Pour Sonic Youth je te comprend, moi aussi j'avais énormement de mal à supporter leurs musique, puis petit à petit je suis devenu fan notamment à partir de l'album A Thousand Leaves (mais bon ca reste un groupe difficile d'acces pour le grand public)

Les Pixies il faut que tu fasse un effort :lol: , je te conseille de commencer par Doolitle (mais bon vu que tu aimes les chanteurs à voix, Franck Black risque de te taper sur les nerfs avec ses cris de porc qu'on égorge)


Pour les Kill The Young, j'avais l'impression d'écouter du Muse (est ce une bonne chose ?)

Hard Fi , je me méfie des groupes qui cartonne outre Manche (voir la passion qu'ils ont pour les Arctic Monkeys, Hard Fi me fait peur)
Mais bon , je n'ai pas encore écouter leur albulm ;)



PS: A part Kaneda et moi, il y aurait pas d'autres fans de rock sur ce forum?
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Message Mer 17 Mai 2006, 10:44

Si ya moi aussi :!:


Mais j'ecoute enormement de Pop Rock aussi , Je suis un grand grand fan de Radiohead .. suis je le seul ? :lol:
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Message Mer 17 Mai 2006, 10:50

Moi j'aime bien Radiohead ;)

L'album OK Computer :shock: :o Je compte meme plus le nombre de fois que je l'ai écouter :chapeau:

Pour info Thom Yorke va sortir un album solo dans les prochaines semaines qu'on annonce très electro ;)
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Message Mer 17 Mai 2006, 10:53

bon écoutez la voix du chanteur de Radiohead et vous saurez ce que j'en pense :evil:
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Kaneda Ayoshi
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