Lyon 5-5 OM : Un match nul pas si nul que ça

Le Lundi 09 Novembre 2009 par

Hier soir le stade de Gerland a vécu une soirée inoubliable, du genre de celles qui restent à jamais gravées dans les annales. En effet, il est rare, lorsque deux grosses écuries du championnat se rencontrent, d'assister à un véritable feu d'artifice de buts. Ce fût pourtant le cas hier soir à Lyon où les deux Olympiques se sont finalement quittés sur un score hallucinant de cinq buts partout, tutoyant ainsi l'Olympe, leur symbole.

Alors qu'il est coutume de compter le nombre de buts sur les doigts d'une seule main dans ce type de rencontre généralement fermée, lyonnais et marseillais avaient décidé hier soir de ne pas se lâcher d'une semelle. Avec en toile de fond le duel à distance des deux portiers de l'Equipe de France, ce choc de la 12ème journée de Ligue 1 a offert à la France entière le bouquet final tant espéré dans une journée marquée jusque là par la défaite de Bordeaux à Lille et le premier point pris par la lanterne rouge grenobloise. 



C'est à Gerland qu'il fallait être hier soir pour assister à ce qui ressemble fort au match de l'année, et il ne fallait pas être en retard. En effet, les lyonnais dégainaient les premiers dès la 3ème minute par l'intermédiaire de Pjanic qui arrivait à profiter d'un mauvais dégagement de Hilton pour tromper Mandanda d'une superbe reprise de volée de droit sous la barre. Dans cette partie où les cadors avaient décidé de se rendre coup pour coup, c'est le compère d'Hilton en défense centrale, Souleymane Diawara, qui permettait aux Marseillais de recoller immédiatement au score sur une tête consécutive à un corner d'Abriel dès la 11ème minute.

Dans la foulée Sidney Govou démontrait que malgré ses frasques extra sportives, il reste un redoutable compétiteur notamment dans les grands rendez-vous, et c'est lui qui redonnait l'avantage aux lyonnais dès la 14ème minute d'une superbe frappe dans le petit filet du gardien marseillais. Mais on sentait bien que l'OM n'avait pas envie de se laisser décrocher ni au panneau d'affichage, ni au classement, et Bruno Cheyrou venait égaliser d'un tir splendide des 25 mètres juste avant la mi-temps (44ème), trompant Lloris pour la deuxième fois dans ce match d'anthologie.

Au retour des vestiaires, les marseillais semblaient plus fringants que les lyonnais et c'est Baky Koné qui venait cette fois-ci couper un centre d'Abriel pour placer une magnifique demi-volée dans le but du portier lyonnais dès la 47ème minute. Il fallut attendre la 80ème minute pour voir Brandao faire la break et accroître la marque à 4-2 pour des marseillais qui pensaient tenir leur victoire. Mais c'était sans compter sur ce diable de Lisandro Lopez. En plus de ses qualités de guerrier, l'Argentin justifiait le montant de son transfert, le plus cher de l'OL à l'intersaison, en trompant Mandanda d'une petite balle piquée. Dans la foulée l'OM concédait un penalty sur une main involontaire de Gabi Heinze que se chargeait de transformer le même Lisandro, l'homme décisif du money time, permettant ainsi aux lyonnais de revenir à égalité, 4 buts partout à cinq minutes du coup de sifflet final.

Décidément cette soirée particulière n'en était pas à son épilogue, et Michel Bastos, à la 90ème minute,venait crucifier Mandanda après un joli mouvement offensif lancé par Pjanic et Lisandro. À 5-4 pour les lyonnais sur leur pelouse, on pensait que l'issue de ce match de folie était scellée mais Stéphane Mbia à la lutte avec Toulalan, poussait le lyonnais à la faute, le contraignant à dévier le ballon pour la cinquième fois dans les buts d'Hugo Lloris.
C'est finalement sur un score invraisemblable de 5 à 5 que Monsieur Bré renvoyait pour de bon les deux équipes au vestiaire.

À noter dans cette partie la remarquable prestation de Fabrice Abriel, auteur de trois passes décisives, qui s'est illustré dans cette équipe phocéenne où tous les joueurs, à l'exception d'Hilton qui a semblé dépassé par moments, ont livré une grosse prestation.

Si la question du soir était de savoir qui de Hugo Lloris ou Steve Mandanda méritait le rôle de gardien numéro un des Bleus, bien malin celui qui pourrait donner avec certitude après le match le nom de celui qui prendra place dans les buts de l'Equipe de France lors des deux rencontres qualificatives pour la coupe du monde. En revanche une chose est sûre, l'OM peut nourrir des regrets car même si le match fut exceptionnel avec un score pléthorique, il ne rapporte qu'un point en définitive. Si Lyon pointe désormais à la deuxième place du classement, les marseillais, eux, ne sont que huitièmes, à six points du leader Bordelais. Pour continuer à espérer au titre de champion de France, il va falloir éviter de perdre trop de points en route, surtout avant la C.A.N. qui risque de fortement handicaper l'effectif Olympien.

Malgré tout, lorsqu'on vit une soirée comme celle d'hier soir, on se dit qu'il y a des matches nuls qui ne sont finalement pas si nuls que ça...

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