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Luiz Gustavo, nouvelle idole du Vélodrome

Le Vendredi 12 Janvier 2018 par OhaiMe-Passion

Mercredi dernier, en début d'après-midi, accompagné de son professeur de français, l'international brésilien  de l'OM s'est confié au quotidien La Provence. L'ancien milieu du Bayern Munich a souvent réfléchi avant de répondre aux questions, peut-être pour mieux trouver la bonne formulation de phrase et les mots adéquates.



L'auriverde de 30 ans est devenu l'une des idoles du Stade Vélodrome en six mois seulement et il est un des rares à réellement incarner le OM Champions Projet à sa juste valeur, c'est à dire qu'il est digne du niveau Champions League. Avant d'aller se confronter à Rennes pour la troisième fois cette saison, Luiz Gustavo a répondu à quelques questions.

Lorsque vous êtes arrivé à l'OM, beaucoup se sont interrogés sur votre âge, votre niveau ou votre contrat. Six mois plus tard, vous êtes devenu une idole des supporters et l'un des meilleures sur le terrain. Comment expliquez-vous ce changement et votre montée en puissance ?
Luiz Gustavo : Les interrogations sur ma personne étaient normales. Tous les joueurs doivent montrer un intérêt à ce genre de situation. Je venais d'un championnat différent (la Bundesliga), d'une équipe différente (Wolfsbourg) et les diverses questions me semblaient donc légitimes. Je suis venu à l'OM en sachant que j'avais des responsabilités à accomplir. Je m'étais donc préparé pour venir ici. Je suis heureux de pouvoir correspondre aux attentes de l'équipe.

En quoi étiez-vous préparé à rejoindre l'OM ?
L.G : J'ai toujours su me donner et m'adapter aux situations auxquelles je me suis retrouvé confronté. J'ai toujours su jouer jusqu'aux limites de mes possibilités. J'ai été confronté à cette situation dans plusieurs clubs, j'ai l'habitude d'être le plus expérimenté, celui qui a le plus de responsabilités et aide les autres. Je possède cette caractéristique en moi. Ça ne me gêne pas. Je suis toujours bien préparé et je vis avec cette qualité.

Sur un plan personnel, avez-vous atteint votre plénitude footballistique ?
L.G : Ouf... Le plus important pour moi, c'est de conserver mon niveau et de rester régulier. Partout où je suis passé, j'ai toujours cherché cela. Je n'ai pas trop de hauts ni de bas, je suis plutôt constant dans mes performances. J'essaie de me maintenir au haut niveau. Je vis actuellement de beaux moments, mais ce n'est pas une surprise car j'essaie toujours d'être au maximum de mes possibilités. Ce qui change peut-être un peu, c'est que je marque plus de buts. C'est la seule différence.

Disposez-vous encore d'une marge de progression ?
L.G : Je cherche toujours à m'améliorer, je ne suis pratiquement jamais satisfait de ce que je fais, je veux toujours essayer de corriger ce que j'ai mal fait et d'aller plus haut. Je suis tout de même un être humain, je sais que je n'arriverai pas à faire certaines choses. Je vais faire le maximum, j'essaie d'aider le groupe le plus possible. J'y suis entièrement dévoué, tout en restant concentré et en demeurant focalisé sur ce qui est le plus important. J'insiste sur l'équipe dans son ensemble, sur sa cohésion. Le but, c'est de faire mieux que la saison dernière.

Qu'avez-vous appris sur vous ces derniers temps ?
L.G : Observer est l'une des meilleures choses de la vie. J'apprends en observant, en parlant et en échangeant avec les gens. C'est ce que je fais au club, avec tous les joueurs, aussi bien avec les plus jeunes que les plus expérimentés. Le plaisir est l'une des choses les plus importantes, tant sur le terrain comme joueur professionnel que dans la vie personnelle. Il faut avoir du plaisir et être heureux de faire ce qu'on fait. Cela va nous amener à bien travailler et vers le succès. Je garde en tête en permanence cette notion de plaisir et ce bonheur d'être footballeur professionnel.

"Je vis actuellement de beaux moments, mais ce n'est pas une surprise."

Que ressentez-vous quand vous pénétrez dans le Stade Vélodrome ?
L.G : Je ressens beaucoup d'envie, celle de jouer, beaucoup de plaisir et de gratitude. Je suis joueur, j'ai rêvé de faire cette profession depuis tout petit. Ce rêve s'est concrétisé, il continue. Quand j'entre sur la pelouse, plusieurs souvenirs me viennent à l'esprit. C'est surtout de l'énergie très positive et le plaisir de pouvoir m'impliquer dans le jeu. Vu ce que j'ai reçu, je veux donner du bonheur à tous les supporters.

Olympique de Marseille

Comment situez-vous le Stade Vélodrome, son ambiance, sa ferveur par rapport aux autres stades dans le monde ?
L.G : (Il souffle) J'ai joué dans plusieurs stades à travers le monde et connu différents types de supporters. Ceux de l'OM ressemblent beaucoup aux supporters brésiliens. L'amour et la passion pour leur club sont très similaires à ce qui se passe dans mon pays. Je m'identifie bien à Marseille. Ils se ressemblent dans la passion comme dans la manière de nous faire voir que, parfois, on ne joue pas comme ils le souhaiteraient. C'est une manière de nous soutenir. L'atmosphère est incroyable.

"Les supporters de l'OM ressemblent beaucoup aux Brésiliens"

Les supporters s'identifient beaucoup à vous. Ça fait quoi d'être une idole ?
L.G : (Sourire gêné) Je suis très tranquille par rapport à ça. Lorsque je suis arrivé à Marseille, je ne voulais pas que les gens parlent de moi par rapport à ce que j'avais fait par le passé. Je suis très heureux d'avoir toute la tendresse des supporters, mais je vais continuer à travailler. C'est mon but, mon objectif, tout comme je veux aider le club dans son projet. Je veux que tout le monde gagne. Je serai très heureux de faire gagner l'OM.

C'est quoi qui vous plaît dans ce OM Champions Project ?
L.G : Ce projet commence, il faut donc être patient. On est une très grande équipe, avec beaucoup de qualités. Le championnat de France est très difficile, nos adversaires très performants. Nous devons rester concentrés, continuer d'être respectueux et, surtout, ne pas baisser les bras face au travail qui nous attend. Seul celui-ci nous permettra de gagner le maximum de matches.







L'équipe est quatrième et a trouvé son rythme de croisière. Jusqu'où pouvez-vous aller ? Quelles sont vos limites ?
L.G : Ce qui va faire la différence, c'est de gagner le plus possible face à nos concurrents directs. La victoire est le seul objectif dans tous ces matches à six points. Ces rendez-vous sont les plus importants, ceux qu'il faut absolument gagner.

Et vos limites personnelles ? Les connaissez-vous ?
L.G : Difficile de répondre à cette question. Il faut évidemment qu'on gagne tous les matches, ce serait la situation idéale. On doit continuer à rêver et bien préparer toutes nos rencontres. Il faut garder cette volonté de tout remporter et ne pas avoir la sensation d'avoir laissé passer des opportunités.

Après les défaites contre Monaco et Rennes, avez-vous eu peur pour l'équipe et peur de vous être trompé dans votre choix d'avoir rejoint l'OM ?
L.G : Non, je n'ai jamais eu le moindre doute. Je savais que j'allais me préparer pour donner le meilleur de moi-même. Une chose est sûre : je ne vais rien gagner tout seul. La cohésion de l'équipe est très importante. J'essaie de transmettre cet esprit, mais aussi le plaisir de jouer et celui de chercher ses limites à mes partenaires. Les autres doivent comprendre mon message. On travaille tous ensemble. On doit se donner à 110 %. Il n'y a rien de plus intéressant ni de plus excitant que de voir un joueur qui augmente son niveau dans la saison, qui s'améliore avec le temps.

Olympique de Marseille

Pensez-vous à quelqu'un en particulier ?
L.G : Frank Zambo (Anguissa). Quand je suis arrivé, il y avait trois joueurs dans le même rôle avant lui : Max (Lopez), (Morgan) Sanson et moi-même. Frank était la quatrième option. Du temps est passé et il est pratiquement devenu indispensable, il joue très bien, est très jeune, a beaucoup de talent. Il a bien développé son jeu. Les opportunités font le joueur, elles lui permettent de se développer. On en laisse passer, ce qui est vraiment dommage. Je suis également très heureux de jouer avec Max et Sanson. Notre relation est toujours aussi bonne, mieux, elle ne fait que s'accroître.

Vous paraissez toujours très calme, très serein. D'où vient ce trait de caractère ?
L.G : (En français) Je ne sais pas (rire). Aujourd'hui, je suis bien différent de ce que j'étais avant. Adolescent, j'étais agité, je me bagarrais très souvent. J'ai causé beaucoup de tracas à mes parents. J'ai quitté la maison à 16 ans pour suivre ma carrière de footballeur. Les choses ont commencé à changer à ce moment-là. Déjà, j'ai perdu ma mère à 16 ans, cela a changé beaucoup de choses. Ça m'a fait beaucoup penser aux choix de vie, au chemin que je voulais prendre. Pour moi comme pour tous les Brésiliens, l'adolescence est un passage un peu difficile.

"Adolescent, j'étais agité, je me bagarrais très souvent."

C'est-à-dire ?
L.G : Au Brésil, plusieurs possibilités s'offrent à vous : celles qui sont positives, et d'autres voies qui ne sont pas très recommandables. Heureusement j'ai trouvé le bon chemin. J'ai joué au football, j'ai continué ce projet. C'était le bon choix. J'ai commencé à avoir de plus en plus de responsabilités, surtout vis-à-vis de ma famille. J'ai souvent vécu très seul. Une chose m'a aidé : la lecture de la Bible. Cela m'a conforté dans ce que je faisais, ça m'a protégé. Aujourd'hui, grâce à tout ça, il est presque impossible de me voir énervé. Sauf, peut-être, en dehors du travail.

C'est quoi qui vous fait sortir de vos gonds ?
L.G : Loin du stade et des terrains, je suis très calme, très correct. Parfois, ce qui me rend triste ou désappointé, c'est d'essayer d'être le plus correct possible avec autrui et, parfois, ne pas avoir en retour la même chose. Ce sont des situations très rares. J'ai peu d'amis. Les miens sont de qualité.

"Des amis me disent que je pourrais profiter de certaines occasions pour plus me montrer"

Vous mettez toujours le collectif en avant. Vous détestez tant que ça les projecteurs ?
L.G : (Rire) Je n'aime pas ça du tout ! Depuis tout petit, je déteste être sur le devant de la scène. Je n'aime pas les photos et ça provoque des problèmes avec ma femme (sourire). Beaucoup d'amis me disent que je pourrais profiter de certaines occasions pour davantage me montrer, mais ce n'est pas ce que je recherche. Mon seul rêve, c'est de jouer. J'adore ça, c'est pour ça que j'ai choisi cette profession. J'aime le jeu, le travail en lui-même. Mon chemin quotidien mène de la maison au stade, puis du stade à la maison. Je ne parle pas beaucoup de moi, je n'aime pas trop cela. En revanche, je respecte tous les types de comportement et les joueurs qui ne font pas le même choix que moi. Moi, Luiz Gustavo, je suis plutôt à l'ancienne. Mon plaisir, je le répète, c'est de jouer. Et de garder en mémoire mes origines et mon rêve de gamin d'être le meilleur possible sur le terrain.

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vous avez signé pour quatre saisons à l'OM. Pouvez-vous terminer votre carrière ici ?
L.G : Difficile de répondre à cette question. Mon projet personnel, c'est de jouer en Europe jusqu'à à peu près 35 ans. Après, ça dépendra de plusieurs éléments. Aurai-je encore la passion, l'envie, la motivation ? Car j'aimerais peut-être jouer dans une équipe brésilienne de Première division, un niveau où je n'ai jamais évolué. Après, tout est possible en football. En attendant, je vais profiter au maximum de ma situation en Europe et à l'OM. Je vais continuer à jouer tant que je prendrai du plaisir et tant que j'arriverai à aider l'équipe. Si, un jour, je me rends compte que je n'arrive plus à être aussi performant, il faudra être honnête et je vous dirai ciao.

Interview menée par Fabrice Lamperti pour La Provence.


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